A M. DURAND
Fcète — Menuisier à For.tainePjleau.
Toi que l'aspect des monts et des forêts inspire,
Toi qui sais manier la varlope et la lyre
De main de maître , et qui fais jaillir à la fois
Des rubans volutes et des vers sous tes doigts ;
Soldat et troubadour, dont le noble génie
Des bois en langue humaine a traduit l'harmonie,
Permets-moi d'ajouter un modeste fleuron
A l'auréole d'or qui décore ton front.
Je suis enfant du peuple : à ma dixième année, Tout chétif, je suais le pain de ma journée ; El l'on m'a vu depuis, truelle et lyre en main, M'avancer hardiment dans le rude chemin l)e la vie, où, malgré mes heures de souffrance , Une voix inconnue a bercé mon enfance.
C'est, peut-être, la voix , aux ineffables chants. Dont l'accord autrefois t'égarait dans les champs ; C'est l'instrument qui vient, à l'aube de la vie, Doucement épeler l'alphabet du génie ; C'est le souffle divin qui révèle à nos cœurs L'éloquence des vents , des ondes et des fleurs. Aujourd'hui, pette lyre à ton gré s'harmonise : Tu lui fais célébrer la virginale brise, Les montagnes, les vents, tes amours, tes exploits. Et l'ouragan fougueux qui.fracasse tes bois.
Oh ! que lu fus heureux , et combien je l'envie