A UN GRAND CHÊNE
Oue je suis bien ici ! je n'ai puint de remords.
A mon tendre serment je suis resté fidèle.
l>our me récompenser, Dieu m'a fait aimer d'elle!
De combien d'amoureux trésors Son amour a semé ma vie aventureuse!
J'aurais voulu mourir lorsque je souffrais tant ; L'existence m'était à charge : et mAintenant,
Je la veux pour la rendre heureuse!
balance tes bras forts et tes coudes noueux ! Chante, pour qu'à t'ouïr mon ame se délecte!
La faux des siècles le respecte;
51ais redoute, ô chêne pompeux,
La dent cruelle de l'insecte!
A travers tes rameaux, des fragments azurés De la voûte céleste à mes yeux se révèlent. Tigrés d'étoiles d'or, ces fragments élincellciit : Nos coteaux en sont éclairés
1(J4 MARINKS.
>Iais il est une éluilu .niioiM\'usu cl conslanto, Oui n'n qu'un faible ♦'chîl, et qu'en mes irislesjuuis Je baptisai du nom de lampe des amours : C'est l'étoile de mon amante.
Balance ta hauteur, qui pourrait défier Celle du baobab qu'un ardent soleil brûle!
La sève en tes veines circule;
Et tu peux le glorifier
De ta haute taille d'Hercule.
Cette fille des nuits, flambeau mystérieux, A qui j'ai confié mon cœur, ma poésie, Mes songes de bonheur et le fil de ma vie,
En dorant le manteau des cieux Verse à longs flots dans moi la suave espérance. Et toi, chêne, entretiens les feux du souvenir, Afin que dans les jours d'un douteux avenir
Je t'aime comme en mon enl'ance!