À DURAND
L'Iionneur d'avoir versé ton sang pour la patrie; L'honneur d'avoir marché dans ces terribles rangs, Qui traversaient l'Europe et brisaient les tyrans î Sur mon humble chevet , que le sommeil déserte, La chaîne de sommets par la neige couverte, Les lacs glacés, craquant sous le faix des canons, Les bombes ébranlant les hautes régions , Ont souvent embrasé ma tète de jeune homme. Du Titan des combats le colossal fantôme S'est dressé devant moi de toute sa hauteur. Je l'ai vu, déployant sa magique splendeur, S'indigner du repos où s'énerve la France, Quand nos pères trahis nous demandent vengeance! Je voudrais m'élancer dans les plaines du ÏVord , Arracher la Pologne aux serres de la mort ; Etreindre, anéantir l'aigle de Germanie Que le nôtre, cent fois, fit râler d'agonie ; Je voudrais voir, armé de la destruction , Ln peuple de soldats submerger Albion , Kl broyer sous le fer cette hydre, ^ux quatre lêle.Ss,
Que Paris applaudit par des hymnes de fûtes I
Ainsi tout ce que j'ai de bouillonnant au cœur En des rêves de feu consume sa chaleur ; Ainsi, capricieuse, ardente souveraine, La pensée, en son vol me secoue et m'entraine.
Ami , la pauvreté , large Océan de fiel Où nous sommes voués à l'ancrage éternel , Caresse bien souvent notre nef endormie; Accueillons-la toujours comme une vieille amie : Peut-être le fardeau de la pompe et de l'or De notre aile légère étoufferait l'essor. Charmer l'humanité par des accents célestes, Yerserdeschantsd'espoiraux jours les plus funestes, C'est un noble plaisir! Mais sachons qu'ici bas. Pour être utile à tous, Dieu nous donna des bras.