REPONSE
DE MADAME ADELE LONCLAS.
Sur mes jours oubliés, jeune homme, quelques tleurs! Quelques tendres regrets accordés à mes pleurs I Oh ! mille fois merci. Ta voix mélodieuse , Comme un écho céleste, adoucit le malheur ; Et, sur ta lyre harmonieuse.
Quand ta main erre aventureuse , Elle fait aimer la douleur.
Ne le plains [)as du ciel ! il t'a créé poète. T(ji ! sous la pauvreté courlier ta jeune têle ,
Alors qu'elle recèle et génie el talent ! Toi ! riche par le cœur , foyer noble et brûlant ! Lève plutôt ton front! Ta part est grande et belle ! Plus d'un voudrait avoir ton ame pour trésor ;
Plus d'un, sur sa couche inûdèle,
Porte envie à tes rêves d'or.
ISe te plains pas du ciel ! Ta mère, heureuse et fière, Au modeste logis quand tu rentres le soir, T'enveloppe d'amour , sous les yeux de ton père Toujours joyeux de te revoir.
rs'e te plains pas, enfant! Tu ne sais pas encore Ce que c'est que pleurer sur des tombeaux muets; Ce que c'est qu'écouter... et n'entendre jamais La voix que notre voix implore !
Jouis de ton heureux printemps , Sans regretter l'or , la puissance :
Avec la paix et l'innoccncr
RÉPOSE DE Mme ADÈLE LOXCLAS. 201
On est toujours riche à vingt ans.
Laisse de l'orgueil la fumée A qui ne vient jamais, le soir , Grave et pensif, sous la ramée ,
Prier, méditer, et s'asseoir;
A qui , le matin , quand l'aurore Éveille les gais passereaux , Péniblement sommeille encore Sous la frange de ses rideaux !
Dédaigneux des biens qu'on envie , Sans t'enquérir du lendemain , Avance gaîment dans la vie , Marteau , truelle et lyre en main.
Avance , avance avec courage !
Poëte , ouvrier tour à tour ,
Tu sauras niùler lu voyage
De travail , de fleurs el tl'amour.