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A MON AMI COSTE

PElNTCiE, A TOULON.

Charmant peintre de fruits, et de fleurs, et d'oiseaux, Et des libres enfants de l'empire des eaux, Coste ! jeune vieillard, dont les veilles arides , Sur ton front , avant l'âge, ont ciselé des rides : Toi, qui sacrifias tes rêves et ton sort Au labeur dont le bras encloua ton essor : Né sous le même ciel, comme lui prolétaire, Mon lulli dans ton pinceau vient saluer un frère;

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Et, narguant le dédain, la misère et l'affronl, Épines dont les dards ont tatoué ton front, Secouer sur tes jours, vierges de jalousie. Toute mon amitié, toute ma poésie.

Scrute ton avenir, pauvre prédestiné, A souffrir sans espoir comme moi condamné! Vois combien de Midas commenteront tes œuvres , Qu'ils ne comprendront pas ; et combien de couleuvres Baveront, en sifflant, sur leurs points imparfaits! Vois ces petits Crésus, qui prônent leurs bienfaits, Accueillir tes débuts sous un masque hypocrite; Puis, à leur vanité, dans leurs regards inscrite, T'immoler sans pitié. Le génie est l'aimant Qui de la foudre humaine aspire l'élément : Si tu dois la braver, viens sur son autel, Coste, Offrir ta jeune tête en sublime holocauste!

Ami, j'ai savouré bien de bruyants jeudis.

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