U\ AMI DEVENU RICHE
De l'or, s'écriait-il, de l'or! Sans or, la vie
Qu'est-ce? rien! plus rien! plus d'allrails!
Et d'un désir brûlant son amc poursuivie, Se consumait en vains regrets.
Puis, vous l'avez servi , richesses désirées,
Salaire de son cœur rampant !
Mes souliers blancs, auprès de ses bottes cirées,
Font un contraste trop frappant Pour qu'il s'arrête et cause avec moi, dansia lue,
Comme nous le faisions jadis.
INolre jeune amitié, de son cœur disparue,
Pleure, sous mes humbles habits î Ma main, rude et plâtreuse, à sa main délicate
IN'inspire plus que le dégoût.
Il dit, lorsqu'en chansons, i)arfois, ma joie éclate:
0 C'est un poète, c'est un fou! »
Il publie en tous lieux qu'il a six redingotes
Et des sous-pieds aux pantalons :
Oh ! je ris quand j'entends de ses luisantes bottes *
Claquer les sonores talons.
On me dit que partout il critique ma muse :
Sa critique est celle d'un sot ; Il peut continuer, puisque cela l'amuse.
S'il cherche à me prendre à l'assaut , S'il s'élève un peu trop, d'un coup je puis l'aballre;
Car les cœurs poètes sont chauds.
Il a déjà reçu la cocarde de plâtre
Et les épaulettes de chaux , Un matin qu'il passait, en habits magnifiques,