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L OISEAU DES CYPRES

ïlsgie

Oiseau! que viens-tu faire au sein des noirs cviuès A qui le vent arrache un hymne de regrets }

Aimes-tu le triste murmura Qu'exhalent leurs cheveux aux funèbres couleurs? Vois , à côté , les champs étinceler de fleurs ;

La brise eflleurer la verdure ;

Les boutons d'or des prés res[)lendir au soleil; Et tes doux compagnons saluer leur réveil En voltigeant dans le feuiUaue !

Écoute leurs accenls ! Ils sont dans les forets :

En est-il un qui vienne au milieu des cyprès ,

Rêver, comme loi, sons l'ombrage?

Sur ces pâles tombeaux laisse pleurer, le soir , L'orphelin resté seul avec son désespoir ,

A la mort d'une mère sainte Qui lui montra du ciel le radieux séjour. Laisse pleurer celui dont la vierge d'amour

Repose froide en cette enceinte.

Frère! je t'ai compris. Mon cœur avec le tien. Ici , semblent avoir un muet entretien.

Pour nous, dans cette sombre vie , ^i les bruyants concerts, ni les plaisirs des chnmi)s, ^i les gais compagnons dont on entend les chants...

Rien n'est doux.... , que la rêverie î

LIIIVKK.

AUX r.icnLS.

Lors(iiie sur nos roches scabreuses.

Froid comme le trépas, le soir

Étend ses ailes ténébreuses;

Lorsque, de, leur sombre encensoir,

Les vagues font jaillir l'écume

Dans les airs surchargés de brume ,

Sur ces rocs, que le temps consume,

Pâle et lèveur, je viens m'asseoir,

Jî).

.Al A lU NES.

INu! ne sait ce (^ue je méiiite Dans ce sommeil de l'univeis, Où la terre semble maudite Sous le sce[)tredes noirs hivers.

Nul ne sait ce que la tourmente, Que l'éclat de la foudre augmente , Fait dire à la vague écumante Dont elle gonfle les lianes verts.

jNuI ne sait ce que la tempête, Avec ses hurlements lointains Que l'écho sourdement réjjèle, Prédit à nos jours incertains.

A l'esprit que le doute accable Le ciel demeure impénétrable , Et l'avenir inexorable Garde le livre des destins.

Voici ^hi^er. Et des orages

L'essaim va s'aballro sur iioiiS) Et ma voix, sur ces bords sauvages, Clianle, dans les venls en courroux:

Puur(|uui n'avons-nous pas des ailes Tour fuir loin des. glaces cruelles, Et, semblables aux hirondelles, Voler vers des climats plus doux!

El penser qu'en ces jours de deuil, où la nature

S'endort sous les frimas, veuve de sa parure.

Où les flots sous les rocs rampent pâles et froids ,

Comme les courtisans rampent aux pieds des rois;

Où le mistral glacé, qui rugit avec force,

Dépouille les forêts de leur robe d'écorce

Et de leurs longs cheveux en doux accords fécogds;

Où la neige blanchit de livides llocons

Le gazuii de la plaine; où le ciel même entonne

22 i MAIUNKS.

Le funèbre concert de sa fonùic qui tonne: Penser que, dans ce jour, image de celui Où le dernier soleil pour le monde aura lui. Où pour nous le néant rouvrira ses cratères, La fortune et l'orgueil , hydres héréditaires, Sur la merdes plaisirs \oin se vautrer soudain; Que le pauvre, accablé de mépris, de dédain , \:\, furtif comme un loup qu'un long hiver alïame, Pour assouvir sa faim jouer un rôle infâme. Ou livrer au scalpel de l'oisif carabin Son corps bientôt cadavre et mort faute de pain; Lt que le corbillard qui vers le cimetière Roulera sourdement sa funèbre poussière,

iNe sera salué que d'un rire moqueur

Oh ! ce hideux tableau déchire et fend le cœur!

Oui... l'hiver qui remplit les salons, les théâtres, Remplit aussi la morgue et les amphithéâtres. Heureux; riches, pour vous rct hiver aîlnivant Lsi le bourreau du pau\re : il Ircmbicen le \nyanl;

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