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LE CHOEUR DES FLOTS

Mais lorsque tu nous vois, dupes de leur manœuvre, De leur fuite, un instant, demeurer tout surpris : Au sein de l'océan nous achevons notre œuvre, El nous l'enrichissons de leurs sanglants débris.

C'est toi que nous voyons quand, grossis par l'orago, Nous commençons à poindie au bout de l'horizon; El vers toi, comme au but d'un long pèlerinage, Nous nous dirigeons tous, poussés par l'aquilon.

Tu formes des boudoirs, pour ces amants timides Qui cachent leur bonheur aux regards importuns; Leur barque flotte au gré de nos baisers lui m ides , Et l'amoureuse mer leur verse ses parfums.

Quand le manteau du ciel est tigré d'étincelles. Tu semblés méditer au bruit des longs échos; Tu vois les gerbes d'or qui suivent les nacelles Quand, fanlûmes légers, elles rasent les eaux.

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Oiiaiid notre blaiulietroiii)e, en luiilant, sclracasse Siiilesloniiss pieds, noircis [)ar les siècles vaiiuineuis, 1 II joins le roulement de ta sauvage basse Aux douxairs cadencés des chansons des pêcheurs.

Et lorscju'en bouillonnant, notre écume découle, En milliers de llocons, sur tes noirâtres lianes. Tu semblés, à travers les vagues et la houle, La tête d'un vieillard couvert de ciievoux blancs.

En vain, superbe roc, colosse inébranlable ! L'éclair cisèlera des rides sur ton front, Et des lambeaux de rocs seront changés en sable ; En vain les ouragans sur toi se briseront :

Tu survivras toujours, pour poser des limites Au terrible élément qui semble envahir tout; Et quand tous ces rochers, teschélifs satellites, Disparaîtront, toi seul lu resteras debout !

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