‹ Marins et soldatsChapitre 8 sur 11 · AU BAT D AF · texte numérisé non relu

AU BAT D AF

Ghardaia un cavalier en méhari pour demander un des Pères blancs, voudront-ils se déranger, entrer dans le désert en pleine canicule ? Et puis, tant pour aller que pour venir, c'est une dizaine de jours de route.

Il n'y avait pas autre chose à répondre. Au

point où le malade en était, on ne pouvait

songer à déranger un religieux.

Mais le Breton, quisentait lavieluiéchap-

per, ne voulait pas se rendre à cette sagesse.

Et, dans un cri où il mit ses dernières forces,

il gémit encore une fois :

— J'veux m'confesser !

Alors, pour l'apaiser, l'officier prononça :

— C'est bon. Ne vous tourmentez pas. Je vais envoyer un exprès aux Pères.

Notre promenade à la Pépinière s'étant prolongéeplus que de raison, nous rentrâmes à la Kasbah, en plein soleil, juste pour l'heure du déjeuner.

Dans la cour, Galland était en train de verser du cognac dans la pastèque que Ton faisait rafraîchir à l'ombre, depuis le matin.

— Eh bien ? demanda le capitaine.

L'ordonnance salua, puis, avec une ombre

de tristesse, cette commisération que les petites gens ont entre soi pour les malheurs, il prononça :

— L'Breton est mort juste dans votre dos, mon capitaine. Il a encore une fois demandé Tcuré et après il s'est raidi.

L'officier fit alors un geste qui voulait dire :

— Qu'est-ce que vous voulez ? C'était prévu !

Et ayant pénétré dans la salle à manger, il consulta le thermomètre.

Le mercure marquait quarante- huit degrés à l'échelle.

Le capitaine ordonna :

— Faudra enterrer ce garçon-là, à la fraîche après le coucher du soleil. Est-ce qu'il reste des planches au magasin ?

Galland secoua la tête :

— Le major a réquisitionné les dernières pour installer la pharmacie.

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