SCÈNE III. — Didier, Saverny
En même temps que Didier et Saverny le greffier entrait, annonçant le conseiller du roi. L’offre d’évasion faite par le geôlier à Saverny est ajoutée en marge.
Plus loin, quelques variantes et ce passage :
DIDIER
et l’onde m’a
J’allais! j’ai fait naufrage. — Enfin, des flots battu,
Et
Nu, j’aborde au tombeau, — nu de toute vertu! des flots dont elle fut
Pour jamais hors de l’eau qui s’en est trop jouée,
Sur la rive d’enfer mon âme est échouée!
— Pourtant j’étais né bon. J’aurais pu vivre aussi Comme un autre, faisant tout ce qu’on fait ici.
Ces vers sont biffés et remplacés par ceux-ci, définitifs :
J’allais, j’ai fait naufrage et j’aborde au tombeau!
Pourtant j’étais né bon, l’avenir m’était beau.
SAVERNY
Mais, diable! être pendu, voilà ce qui m’ennuie!
DIDIER
Pourvu qu'on meure, enfin, on doit être content.
Hé ! c’est toujours la mort. N’en demandez pas tant.
SAVERNY
Grand bien vous fafie! Moi,
A votre aise! mais moi, je ne suis pas content.
La scène vi, écrite d’une encre plus noire, est datée en tcte 2/ mai ifyi. C’est celle qui a été imprimée; c’est une seconde version; nous allons reproduire, dans son intégralité, la première, telle qu’elle a été conçue en 1829.
Le retour de Laffemas et sa présence jusqu’à la fin de l’acte rendaient le pardon de Didier impossible. C’est sans doute ce qui a déterminé Victor Hugo à biffer tous les passages où Laffemas était en scène et à lui substituer le geôlier.
Nous donnons à la suite de cette scène la fin de l’acte qui correspond à cette première version ; nous n’en retranchons que les passages conformes au texte publié :
DIDIER
Pourvu que rien des cœlirs dans la tombe enfermés
Ne vive pour haïr ceux qu’ils ont trop aimés !
— Comme je haïrais!
Il croise les bras et tombe dans une profonde rêverie.