‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 75 sur 305 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

LE ROI

Donnez, dis-je !

LE ROI, à Marion.

MARION

Prenez.

LE ROI, baissant les yeux.

Quelle est cette sirène ?

L’ANGELY, bas à Marion.

Il n’oserait rien prendre au corset de la reine !

LE ROI, congédiant Marion du geste, après un moment d’hésitation et sans lever les yeux sur elle.

Eh bien, allez!

MARION, saluant profondément le roi.

Courons sauver les prisonniers !

Elle sort.

L’ANGELY, au roi.

C’est la sœur de Didier, l’un des deux fauconniers.

LE roi.

Elle est ce qu’elle veut. Mais c’est étrange comme Elle m’a fait baisser les yeux, — moi qui suis homme!

Un silence.

Bouffon! tu m’as joué. C’est un autre pardon Qu’il faut que je t’accorde.

L’ANGELY

Eh! sire! accordez donc!

Toute grâce est un poids qu’un roi du cœur s’enlève.

LE ROI

Tu dis vrai. J’ai toujours souffert les jours de Grève. Nangis avait raison, un mort jamais ne sert,

Et Montfaucon peuplé rend le Louvre désert.

Se promenant a grands pas.

C’est une trahison que de venir en face Au hls du roi Henri rayer son droit de grâce.

Que fais-je ainsi, déchu, détrôné, désarmé?

Comme dans un sépulcre, en cet homme enfermé?

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Sa robe est mon linceul, et mes peuples me pleurent. Non! non! je ne veux pas que ces deux enfants meurent. Vivre est un don du ciel trop visible et trop beau.

Après une rêverie.

Dieu qui sait où l’on va peut ouvrir un tombeau.

Un roi, non. Je les rends tous deux à leur famille.

Ils vivront. Ce vieillard et cette jeune fille Me béniront. C’est dit. J’ai signé, moi le roi!

Le cardinal sera furieux, mais, ma foi,

Tant pis, cela fera plaisir à Bellegarde.

L’ANGELY

On peut bien une fois être roi par mégarde!

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