‹ Marion de LormeChapitre 151 sur 209 · IIERNANI, DONA SOL, DON RUY GOMEZ · texte numérisé non relu

IIERNANI, DONA SOL, DON RUY GOMEZ

DON RUY GOMEZ, immobile et croisant les bras sur le seuil de la porte.

Voilà donc le paîment de l'hospitalité !

DONA SOL

Dieu ! le duc !

Tous deux se retournent comme réveillés en sursaut. DON RUY GOMEZ, toujours immobile,

C'est donc là mon salaire, mon hôte ?

— Bon seigneur, va-t'en voir si ta muraille est haute, Si la porte est bien close et l'archer dans sa tour,

De ton château pour nous fais et refais le tour, Cherche en ton arsenal une armure à ta taille, Ressaye à soixante ans ton harnois de bataille : Voici la loyauté dont nous patrons ta foi ! Tu fais cela pour nous, et nous ceci pour toi!

— Saints du ciel ! j'ai vécu plus de soixante années ; J'ai rencontré parfois des âmes effrénées;

J'ai souvent, en tirant ma dague du fourreau, Fait lever sur mes pas des gibiers de bourreau; J'ai vu des assassins, des monnayeurs, des traîtres, De faux valets à table empoisonnant leurs maîtres J'en ai vu qui mouraient sans croix et sans pater; J'ai vu Sforce, j'ai vu Borgia, je vois Luther : Mais je n'ai jamais vu perversité si haute Qui n'eût craint le tonnerre en trahissant son hôte! Ce n'est pas de mon temps. Si noire trahison

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