ACTE TROISIEME
Vous qu'elle aime et choisit entre tant d'amoureux. Heureux homme!
DIDIER, avec un rire éclatant et désespéré.
Est-ce pas que je suis bien heureux!
SAVERNY
Je vous fais compliment. C'est une bonne fille,
Et qui n'aime jamais que des fils de famille.
D'une telle maîtresse on a droit d'être fier;
C'est honorable, et puis cela donne bon air;
C'est de bon goût ; et si de vous quelqu'un s'informe,
On dit tout haut : L'amant de Marion de Lorme!
Didier veut lui rendre le portrait ; il refuse de le recevoir.
Non, gardez le portrait. Elle est à vous, ainsi Le portrait vous revient de droit : gardez.
Merci.
Il serre le portrait dans sa poîtrine. SAVERNY
Mais savez-vous quelle est charmante en Espagnole? —
Donc vous me succédez ? — Un peu, sur ma parole,
Comme le roi Louis succède à Pharamond. —
Moi, ce sont les Brissac, — oui, tous les deux, — qui m'ont
Supplanté.
Riant.
Croiriez-vous?... le cardinal lui-même!
Puis le petit d'Effiat, puis les trois Sainte-Mesme, Puis les quatre Argenteau... — Vous êtes dans son cœur En bonne compagnie...
Riant.
Un peu nombreuse...
DIDIER, à part.
Horreur !
saverny/
Çà, vous me conterez... Moi, pour ne rien vous taire, Je passe ici pour mort, et demain on m'enterre. Vous, vous avez trompé sbires et sénéchaux, Marion vous aura fait ouvrir les cachots; Vous aurez joint en route une troupe ambulante, N'est-ce pas? Ce doit être une histoire excellente !
DIDIER-
Toute une histoire!
Elle a, pour vous, fait les yeux doux Sans doute à quelque archer?
DIDIER, d'une voix de tonnerre.
Tête et sang ! croyez-vous
SAVERNY
Quoi ! seriez-vous jaloux?
Riant.
Oh! ridicule énorme!
Jaloux de qui? jaloux de Marion de Lorme! La pauvre enfant! N'allez pas lui faire un sermon!
DIDIER
Soyez tranquille!
A part.
0 Dieu! l'ange était un démon \
Entrent Laffemas et le Gracieux. — Didier sort. — Saverny le suit.