‹ Marion de LormeChapitre 51 sur 209 · LAFFEMAS, LE GRACIEUX · texte numérisé non relu

LAFFEMAS, LE GRACIEUX

LE GRACIEUX, à Laffemas.

Seigneur, je ne sais pas ce que vous voulez dire.

A part.

Humph! Costume d'alcade et figure de sbire! Un petit œil, orné d'un immense sourcil ! Sans doute il joue ici le rôle d'alguazil î

LAFFEMAS, tirant une bourse.

L'ami!

LE GRACIEUX, se rapprochant. — Basa Laffemas.

Notre Chimène est ce qui vous intrigue, Et vous voulez savoir?...

LAFFEMAS, bas en souriant.

Oui, quel est son Rodrigue?

LE GRACIEUX

Son galant?

LAFFEMAS

Oui.

LE GRACIEUX

Celui qui gémit sous sa loi?

LAFFEMAS, avec impatience.

Est-il là?

LE GRACIEUX

Sans doute.

LAFFEMAS , s'approchant vivement de lui.

Eh! fais-le-moi voir!

LE GRACIEUX, avec une profonde révérence.

C'est moi.

J'en suis fou. • •

Laffemas» désappointé, s'éloigne avec dépit, puis se rapproche faisant sonner sa bourse à l'oreille et aux yeux du Gracieux.

LAFFEMAS

Connais-tu le son des génovines?

LE GRACIEUX

Ah Dieu ! cette musique a des douceurs divines !

LAFFEMAS à part.

J'ai mon Didier !

Au Gracieux.

Vois-tu cette bourse ?

LE GRACIEUX

Combien?

LAFFEMAS

Vingt génovines d'or.

LE GRACIEUX

Humph !

LAFFEMAS, Lui faisant sonner la bourse sous le nez.

Veux-tu?

LE GRACIEUX, lui arrachant la bourse.

Je veux bien.

D'un ton théâtral, à Laffemus qui l'écoute avec anxiété.

Monseigneur! si ton dos portait, — bien à son centre,— Une bosse en grosseur égale à ton gros ventre, Si tu faisais remplir ces deux sacs de ducats, De louis, de doublons, de sequins... en ce cas...

LAFFEMAS, vivement.

Eh bien ! que dirais-tu?

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