LAFFEMAS, LE GRACIEUX
LE GRACIEUX, à Laffemas.
Seigneur, je ne sais pas ce que vous voulez dire.
A part.
Humph! Costume d'alcade et figure de sbire! Un petit œil, orné d'un immense sourcil ! Sans doute il joue ici le rôle d'alguazil î
LAFFEMAS, tirant une bourse.
L'ami!
LE GRACIEUX, se rapprochant. — Basa Laffemas.
Notre Chimène est ce qui vous intrigue, Et vous voulez savoir?...
LAFFEMAS, bas en souriant.
Oui, quel est son Rodrigue?
LE GRACIEUX
Son galant?
LAFFEMAS
Oui.
LE GRACIEUX
Celui qui gémit sous sa loi?
LAFFEMAS, avec impatience.
Est-il là?
LE GRACIEUX
Sans doute.
LAFFEMAS , s'approchant vivement de lui.
Eh! fais-le-moi voir!
LE GRACIEUX, avec une profonde révérence.
C'est moi.
J'en suis fou. • •
Laffemas» désappointé, s'éloigne avec dépit, puis se rapproche faisant sonner sa bourse à l'oreille et aux yeux du Gracieux.
LAFFEMAS
Connais-tu le son des génovines?
LE GRACIEUX
Ah Dieu ! cette musique a des douceurs divines !
LAFFEMAS à part.
J'ai mon Didier !
Au Gracieux.
Vois-tu cette bourse ?
LE GRACIEUX
Combien?
LAFFEMAS
Vingt génovines d'or.
LE GRACIEUX
Humph !
LAFFEMAS, Lui faisant sonner la bourse sous le nez.
Veux-tu?
LE GRACIEUX, lui arrachant la bourse.
Je veux bien.
D'un ton théâtral, à Laffemus qui l'écoute avec anxiété.
Monseigneur! si ton dos portait, — bien à son centre,— Une bosse en grosseur égale à ton gros ventre, Si tu faisais remplir ces deux sacs de ducats, De louis, de doublons, de sequins... en ce cas...
LAFFEMAS, vivement.
Eh bien ! que dirais-tu?