‹ Marion de LormeChapitre 89 sur 209 · DIDIER, SAVERNY · texte numérisé non relu

DIDIER, SAVERNY

SaverDy, vêtu à la dernière mode, entre avec pétulance et gaieté. Didier, tout en noir, pâle à pas lents. Un geôlier, accompagné de deux hallebardiers, les conduit, le geôlier place les deux liallebardiers en sentinelle près du rideau noir. — Didier va s'asseoir en silence sur le banc de pierre.

SAVERNY, au geôlier qui vient de lui ouvrir la porte.

Merci ! Le bon air !

LE GEOLIER, le tirant à l'écart, bas.

Monseigneur, à vous deux mots, de grâce.

SAVERNY

Quatre !

LE GEOLIER, baissant de plus en plus la voix.

Voulez-vous fuir?

SAVERNY, vivement.

Par où faut-il qu'on passe ?

LE GEOLIER

C'est mon affaire.

SAVERNY

Vrai?

Le geôlier fait un signe de tête.

Monsieur le cardinal, Vous vouliez m'empêcher de retourner au bal ! Pardieu! nous danserons encor. La bonne chose Que de vivre !

Au geôlier.

Ah çà, quand?

LE GEOLIER

Ce soir, à la nuit close.

SAVERNY, se frottant les mains.

D'honneur, je suis charmé de quitter ce logis. D'où me vient ce secours?

LE GEOLIER

Du marquis de Nangis.

SAVERNY

Mon bon oncle !

Au geôlier.

A propos, c'est pour tous deux, je pense?

LE GEOLIER

Je n'en puis sauver qu'un.

SAVERNY

Pour double récompense?

LE GEOLIER

Je n'en puis sauver qu'un.

SAVERNY, hochant la tête.

Qu'un?

Bas au geôlier.

Alors, écoutez,

Montrant Didier.

Voilà celui qu'il faut sauver.

LE GEOLIER

Vous plaisantez !

JNon pas. — Lui.

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