ACTE CINQUIÈME. H
Le canon tirera pour sa venue. Ainsi, Tout alors est perdu si nous sommes ici.
DIDIER
C'est bien.
MARION
Vite ! — Ah ! mon Dieu! c'est bien lui ! c'est lui-même ! Sauvé ! parle-moi donc. Mon Didier, je vous aime.
DIDIER
Vous dites une rue au détour de ce mur?
MARION
Oui, j'en viens, j'ai tout vu. C'est un chemin très-sûr.
J'ai regardé fermer la dernière fenêtre.
Nous y rencontrerons quelques femmes peut-être.
D'ailleurs on vous prendra pour un passant. Voilà.
Quand vous serez bien loin, — mettez ces habits-là —
Nous rirons de vous voir déguisé de la sorte.
Vite!
DIDIER, repoussant les habits du pied.
Rien ne presse.
MARION
Ah ! la mort est à la porte! Fuyons, Didier! — C'est moi qui viens ici.
DIDIER
Pourquoi?
MARION
Pour vous sauver. Grand Dieu! quelle demande, à moi! Pourquoi ce ton glacé?
DIDIER, avec un sourire triste.
Vous savez que nous sommes Bien souvent insensés, nous autres pauvres hommes!
m MARION DE LORME.
MARION
Viens! oh ! viens! le temps presse, et les chevaux sont prêts; Tout ce que tu voudras, tu le diras après. Mais partons.
DIDIER
Que fait là cet homme qui regarde?
MARION
C'est le geôlier. Il est gagné comme la garde. Doutez-vous de ces gens? Vous avez Pair frappé...
DIDIER
Non, rien. — C'est que souvent on peut être trompé.
MARION
Oh ! viens ! — Si tu savais, chaque instant qui s'écoule Je meurs; je crois entendre au loin marcher la foule. Oh! hâtons-nous de fuir, je t'en prie à genoux!
DIDIER, montrant Saverny endormi.
Dites-moi, pour lequel de nous deux venez-vous?
MARION, un moment interdite.
A part.
Gaspard est généreux, il ne m'a point nommée!
Haut.
Est-ce ainsi que Didier parle à sa bien-aimée? Mon Didier, qu'avez-vous contre moi?
DIDIER
Je n'ai rien.
Voyons, levez la tête et regardez-moi bien.
Marion, tremblante, fixe son regard sur le sien.
Oui, c'est bien -ressemblant.