‹ Marion de LormeChapitre 97 sur 209 · ACTE CINQUIÈME. H · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME. H

Le canon tirera pour sa venue. Ainsi, Tout alors est perdu si nous sommes ici.

DIDIER

C'est bien.

MARION

Vite ! — Ah ! mon Dieu! c'est bien lui ! c'est lui-même ! Sauvé ! parle-moi donc. Mon Didier, je vous aime.

DIDIER

Vous dites une rue au détour de ce mur?

MARION

Oui, j'en viens, j'ai tout vu. C'est un chemin très-sûr.

J'ai regardé fermer la dernière fenêtre.

Nous y rencontrerons quelques femmes peut-être.

D'ailleurs on vous prendra pour un passant. Voilà.

Quand vous serez bien loin, — mettez ces habits-là —

Nous rirons de vous voir déguisé de la sorte.

Vite!

DIDIER, repoussant les habits du pied.

Rien ne presse.

MARION

Ah ! la mort est à la porte! Fuyons, Didier! — C'est moi qui viens ici.

DIDIER

Pourquoi?

MARION

Pour vous sauver. Grand Dieu! quelle demande, à moi! Pourquoi ce ton glacé?

DIDIER, avec un sourire triste.

Vous savez que nous sommes Bien souvent insensés, nous autres pauvres hommes!

m MARION DE LORME.

MARION

Viens! oh ! viens! le temps presse, et les chevaux sont prêts; Tout ce que tu voudras, tu le diras après. Mais partons.

DIDIER

Que fait là cet homme qui regarde?

MARION

C'est le geôlier. Il est gagné comme la garde. Doutez-vous de ces gens? Vous avez Pair frappé...

DIDIER

Non, rien. — C'est que souvent on peut être trompé.

MARION

Oh ! viens ! — Si tu savais, chaque instant qui s'écoule Je meurs; je crois entendre au loin marcher la foule. Oh! hâtons-nous de fuir, je t'en prie à genoux!

DIDIER, montrant Saverny endormi.

Dites-moi, pour lequel de nous deux venez-vous?

MARION, un moment interdite.

A part.

Gaspard est généreux, il ne m'a point nommée!

Haut.

Est-ce ainsi que Didier parle à sa bien-aimée? Mon Didier, qu'avez-vous contre moi?

DIDIER

Je n'ai rien.

Voyons, levez la tête et regardez-moi bien.

Marion, tremblante, fixe son regard sur le sien.

Oui, c'est bien -ressemblant.

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