‹ Mariquita Louis JoubertChapitre 11 sur 25 · LE CARNAVAL. — LA PARTIE I)’ ÉCARTÉ · texte numérisé non relu

LE CARNAVAL. — LA PARTIE I)’ ÉCARTÉ

» Jeanne. Jeanne est une ancienne domestique qui » était chez ma mère quand je suis né ; tout petit, elle » m’a porté bien souvent dans ses bras ; et pendant » une maladie sérieuse que je fis à l’Age de trois ans, » elle passa avec ma mère presque toutes les nuits » auprès de mon lit. Plus tard elle épousa un garde » forestier, mort aujourd’hui, et dont elle a une fille à » qui j’ai servi de parrain, s’il vous plaît. Bref, c'est la » meilleure des femmes, et je vous prie de croire que » je n’ai pas oublié combien elle m’aimait. Je les fais » asseoir, et je m’informe du sujet de leur voyage. Je » ne sus pas tout sur l’heure même : la mère ne me » compléta son récit que pendant un moment où la » fille était absente. Mais voici l’histoire en quelques » mots. Jeanne vit assez péniblement du travail de scs » mains; Félicie, c’est ainsi que s’appelle ma filleule, » est recherchée par un paysan dont le père a une vigne » et ne voudrait pas, en sa qualité de richard, que son » fils épousât une fille qui n’a rien. Jeanne, en mère » prudente, craint que les deux jeunes gens ne s’atta- » client trop l’un à l’autre, ce qui, je le suppose du » moins, est déjà fait. Elle a donc songé «aies séparer; » et comme elle a un cousin à Paris qui lui a promis » monts et merveilles, elle venait avec la confiance » qu’elle allait trouver une bonne place pour Félicie,

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