STATUE DE JULES CESAR EN HABIT DE GUERRE
Monttaucon .tome IV. Supp.
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César des hoancurs extraordinaires pour le récompenser de celle conquête ; que le Sénat ait décerné quinze (1) et même vingt-un (2) jours de fêtes en l'honneur de ses victoires ; que le peuple ait fait des sacrifices pendant soixante jours et qu'il ait élevé lui-même son monument triomphal à côté du trophée de Marins (3).
Jules César est imperator, dictateur, summu$ pontifex ; n'étant encore que préteur, il remplaça, dans ces dernières fonctions , Hetellus , 65 ans avant Jésus-Christ ; il remplit donc toutes les conditions qui sont en concordance avec le monument.
On comprend que Jules César soit représenté seul sur les bas-reliefs , et il n'est plus nécessaire que les faits mémorables qui sont l'occasion du monument se soient passés à Glanam ; il suffit qu*ils rappellent ses victoires contre les Barbares, quelque part qu'il les ait remportées, puisqu'il a vaincu les mêmes ennemis que Marins.
L'Arc de triomphe de Glanum serait donc le premier arc construit dans les Gaules, et les deux monuments juxtaposés de Marius et de Jules César marqueraient une ère de transition pour la forme et la décoration des édifices triomphaux.
La distance qui sépare l'ère républicaine de l'ère impériale est relativement fort courte ; mais la révolution qui s'opérait dans les esprits était grande, et c'est dans cette période, nous dit Pline , que l'arc remplaça la forme pyramidale, laquelle, dès lors, fut presque exclusivement réservée pour les phares et pour les tombeaux.
{i) J. CÉSAR, II, XXXV.
(2) /Wd., IV, XXXVIII, VII.
(3) Pnd,, XI, et Dion Gassius, XL. L. Voir aussi, pour la justification de la guerre des Gaules, Napoléon III, 1. 1'^ page 101.
L'Arc de triomphe de Saint-Remy n'a qu'une arcade ; en dehors et de chaque côté sont des colonnes cannelées d'ordre corinthien , dont les chapiteaux manquent, ainsi que toute la partie supérieure du couronnement. Il est d'une remarquable simplicité, d'une grande sobriété d'ornements et d'une rare pureté d'exécution. Il est orienté aux quatre points cardinaux, et sur les quatre faces, dans l'intervalle des colonnes, sont desbas reliefs de plein relief et à fleur de mur, dont 1 exécution défie toute critique .
Les deux groupes nord représentent : celui d'est, Jules César mettant la main sur l'épaule de Yercingétorix, en signe de manucapion.
Le général romain a sur les épaules un riche paludamentum (1) qui descend jusque sur ses talons; et dans le mouvement qu'il fait avec son bras pour mettre la main sur son prisonnier, il laisse apercevoir un côté de sa cuirasse. On distingue très bien sur cette cuirasse a sa « ceinture remarquable et sur ses jambes la chaussure a militaire , qui diffère essentiellement de toutes les « autres (2). » La draperie de sa cuirasse descend jusque au dessus du genou , et tous les détails de son armure sont pareils à ceux qu'on voit sur une statuette en bronze de Jules César donnée par Montfaucon (3).
La tête manque à cette statue , nous ne pouvons donc savoir si elle était ou non laurée ; mais il est probable
(1) Le paludamentum était un manteau militaire que les généraux et les officiers supérieurs portaient par dessus leur armure ; il était blanc, écarlate ou pourpre ; on ne le voit jamais rejeté sur Tépaule, ni roulé autour du corps. Rich, par Ghbrruel.
(2) Dion, liv. 43. « Cette chaussure était rouge, à la manière des rois d'Albe, dont Jules César prétendait descendre.
(3) Mont faucon. SupplémerUy t. IV, planche Vill.