SCENE I
BASILLUS, POSTUMIUS (Haruspice). Deux soldais gardent l'eutrée de la tente.
BASILLUS
Ton présai^e m'inspire un plaisir sans éyal. Sylla vaincrait enfin son éternel rival ?
POSTUMIUS
Il n'en faut point douter ; maint surprenant auspice Témoig-na que les dieux le voient d'un œil propice : Hier, dans un ciel serein, d'invisibles buccins Ont retenti soudain pour louer ses desseins. Puis, au Gapitolin montant à tire d'aile, Deux vautours ont plané sur cette citadelle
Kt, s'enfuyant ensuite aujjrès du Quirinal, Annoncèrent ainsi son triomphe final.
Enfin, ce matin, les entrailles des victimes Présagent le succès de ses vœux légitimes. Par ces signes s'atteste aux plus irrésolus Le revers que le ciel réserve à Marins.
BASILLUS
Ta sagesse m'emplit de respect et de crainte Et j'y perçois des dieux l'irrécusable empreinte. Il me tarde que, par ta science éclairé, Sylla sur ses projets soit enfin rassuré.
POSTUMIUS
Sylla douterait-il du succès de ses armes?
BASILLUS
Non. Mais nul cœur n'échappe à certaines alarmes, Et, pour vaillant qu'il soit, le sien n'en est pas moins Soumis à ces retours que l'on cache aux témoins. A la veille d'un jour qui peut marquer sa chute, Au moment d'entreprendre une implacable lutte Contre un homme dont, en dépit de ses forfaits, On ne saurait nier la gloire et les hauts faits, Sylla, doutant vers qui penchera la balance. Sent fléchir malgré lui la belle confiance Oui lui fut jusqu'alors d'un si puissant secours. Je l'observe, et perçois que, voici quelques jours. Il hésite. Depuis que nous quittâmes Noies, Il ne m'a pas en tout adressé vingt paroles.