‹ Marivaux, moralisteChapitre 101 sur 122 · SCÈNE II. — LISETTE, DORANTE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — LISETTE, DORANTE

dorante. — Que viens-je d'apprendre, Lisette? Angélique a rebuté ma lettre!

Lisette. — Oui ; la voici, Lubin me l'a rendue; j'ignore quelle fantaisie lui a pris, mais il est vrai qu'elle est de fort mauvaise humeur. Je n'ai pu m'expliquer avec elle, à cause du monde qu'il y avait au logis; mais elle est triste, elle m'a battu

froid, et je l'ai trouvée toute changée. Je viens pourtant de l'apercevoir là-bas, et j'arrive pour vous en avertir. Attendons-la; sa rêverie pourrait bien tout doucement la conduire ici.

dorante. — Non, Lisette; ma vue ne ferait que 1 irriter peut-être; il faut respecter ses dégoûts pour moi, je ne les soutiendrais pas, et je me retire.

Lisette. — Que les amants sont quelquefois risibles ! Qu'ils disent de fadeurs ! Tenez, fuyez-la, monsieur; car elle arrive; fuyez-la, pour la respecter.

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