‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 16 sur 345 · LES SALONS LITTERAIRES · texte numérisé non relu

LES SALONS LITTERAIRES

cette école prétendait arriver au naturel et au simple à force de finesse et d'étude. Elle prétendait aussi ne relever que d'elle-même, et, préférant ouvertement les Modernes aux Anciens, elle ne reculait devant aucune hardiesse pour la défense de cette thèse, qui non seulement survivait aux colères de Boileau, mais qui allait remplir le siècle, le dominer et, finalement, triompher avec le romantisme. Cette école devait plaire à Marivaux, car il sentait en lui le germe des qualités qu'elle prisait le plus. Il se présenta donc à Fontenelle et à La Motte; accueilli par eux avec bonne grâce, il put bientôt les regarder comme ses meilleurs amis, car chez l'un et chez l'autre la crainte d'être dupe n'excluait pas la sincérité des attachements '.

Appuyant ses doctrines littéraires sur les qualités que nourrit et prise surtout l'esprit de société, l'école de Fontenelle avait grandi dans les salons, sous l'influence de quelques femmes qui, sans prendre une part directe à la mêlée des opinions, encourageaient et soutenaient les combattants. Accueilli chez la marquise de Lambert et chez la marquise de Tencin, Marivaux ne songea pendant six ans qu'à goûter le charme de vivre dans la société journalière de ceux dont il aimait la tournure d'esprit et de sentiment 2. Chez Mme de Lambert surtout, ce précieux d'instinct trouvait un second hôtel de Rambouillet, qui devait, comme l'autre en son meilleur temps, développer et nourrir ce qu'il y a de légitime dans le précieux, avec ce pétillement et ce scintillement d'esprit, cette viva-

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