‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 209 sur 345 · MARIANNE · texte numérisé non relu

MARIANNE

qui souligne en souriant les petits manèges d'autrefois. Certes, Marianne, devenue comtesse, abuse un peu de son droit d'analyse; elle discourt trop pertinemment de toutes choses; elle a trop, comme dit Sainte-Beuve, « des regards de côté tout en agissant et marchant, des clins d'oeil sur elle-même et comme un aparté continuel ' •> ; mais ce n'est là que l'excès d'une habileté. Malgré l'abus, ce contraste continuel chez une même femme entre l'étourderie de la jeunesse et la sagesse de l'âge mûr est un des côtés les plus piquants du roman de Marivaux.

A côté de ces défauts aimables, Marianne a toutes les qualités qui font la femme honnête et droite. Si elle s'attarde trop aux manèges de la coquetterie, vienne une circonstance qui mette en jeu son honneur ou blesse sa fierté, elle se redresse avec une vraie noblesse. Quand la fortune s'acharne contre elle, elle est à la hauteur de tous ses revers 2. Qu'elle ait à repousser les accusations perfides de M. de Climal, à confondre la trahison de Valville ou à démasquer Mlle Varthon, elle s'élève sans effort à l'éloquence. Elle excelle surtout dans l'expression sans cesse renouvelée de sa tendresse filiale envers Mme de Miran; elle rencontre, pour celle qu'elle appelle sa mère, des accents que l'esprit seul ne saurait inspirer. On retrouve alors ces mots partis du cœur qui remplissent la Mère confidente.

Les aventures de la coquette Marianne ont eu le grand honneur de provoquer en Angleterre, sinon des imitations, en moins des œuvres de même famille,

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