‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 314 sur 345 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LA LANGUE DE MARIVAUX. — LE « MARIVAUDAGE ». — DÉFENSE DE MARIVAUX PAR LUI-MÊME; LE STYLE ET LA PENSÉE; LA FINESSE. — L'EXPRESSION MÉTAPHORIQUE. — L'ESPRIT. — LE PHÉBUS DES VALETS ET LE JARGON DES PAYSANS. — LE LANGAGE DE LA CONVERSATION. — SOUPLESSE ET VARIÉTÉ DU STYLE DE MARIVAUX.

Malgré la mauvaise réputation de son style, Marivaux est un des auteurs du xvme siècle qui ont le plus respecté et le moins gâté notre langue. Celui que Voltaire appelait « le néologue », usait très peu du néologisme ; à peine si l'on trouve dans ses œuvres quelques mots forgés. Lorsqu'il s'écarte de l'usage, c'est moins par le choix des termes que par le sens qu'il leur attribue; on pourrait dire de lui ce qu'on a dit de Fontenelle : « Il compose souvent des phrases recherchées avec des expressions très pures et très indigènes '. » Il écrivait à une époque où le vocabulaire de la philosophie et des sciences, les importations étrangères, n'avaient pas encore altéré le fonds de notre idiome. Quant à sa phrase, même lorsqu'elle est recherchée, elle se distingue par l'élégance, la rapidité, le tour facile. Le plus souvent courte et rapide, elle ne s'interdit pas l'allure plus lente du style pério-

1. Villemain, Littérature française au xvm° siècle, treizième leçon.

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