‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 260 sur 360 · M. DOUCIN · texte numérisé non relu

M. DOUCIN

gouverner les gens; il y a bien de la douceur à les voir obéissants et attachés; à être leur roi, pour ainsi dire, et un roi souvent d'autant plus chéri, qu'il est inflexible et rigoureux. » Il essaye encore d'une tentative auprès de Jacob lui-même, lui remontrant avec douceur, « de la part de Dieu », qu'il est « une pierre de scandale », qu'il doit « se regarder comme l'instrument du démon », et s'en aller pour rétablir la concorde compromise. Jacob ne se laisse pas intimider et le directeur bat en retraite. Mais un faux dévot se venge toujours. Celui-ci entrave, par tous les moyens, le mariage du jeune homme avec Mlle Habert cadette S et, s'il ne tenait qu'à lui, le pauvre garçon expierait sa résistance en prison 2.

Il y aurait à signaler encore plusieurs petits portraits, très malicieux et très plaisants, de faux dévots mêlés à l'action de la Vie de Marianne et du Paysan pmvenu; mais j'ai hâte d'arriver à la grande figure qui résume, chez Marivaux, les traits divers de l'hypocrisie religieuse, à M. de Glimai. Celui-ci est digne de prendre place, à côté de Tartufe et d'Onuphre, dans cette longue galerie où nos auteurs comiques et satiriques ont rivalisé dans la peinture du plus redoutable de tous les vices, du plus odieux à notre caractère national.

M. de Climal est ce protecteur de Marianne, plusieurs fois rencontré déjà au cours de cette étude, faux dévot, faux bonhomme, faux bienfaiteur. L'hypocrisie n'est pas chez lui, comme chez Tartufe, un moyen de duper de vrais dévots, plus sincères qu'éclairés, ni, comme chez Onuphre, un levier d'ambition mesquine : c'est un moyen de satisfaire sans scandale

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