‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 286 sur 360 · Voir ci-après, p. 432 et suiv · texte numérisé non relu

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sophe, il devrait rechercher ces problèmes au lieu de les éviter, ni assez chrétien, parce que, chrétien, la simple morale de l'Évangile devrait lui suffire, tandis que, au contraire, il essaie parfois de séparer la morale de la religion. Vauvenargues non plus ne prend pas parli : il pèse le pour et le contre ; il reste, en matière de convictions religieuses, à égale distance de l'affirmation et de la négation, il meurt sans avoir décidé; mais, du moins, n'évite-t-il pas les questions de métaphysique et de philosophie indépendante; il a un courage d'esprit qui manque à Marivaux. Il a aussi des idées qui l'honorent et que celui-ci n'exprime jamais; il parle d'abnégation, de sacrifice, de souffrance obscure, de condition étroite et difficile, vaillamment supportée. Ici encore sa vie explique sa supériorité morale : il avait connu les petitesses de l'existence sans être diminué, les injustices du sort sans ressentir de découragement ou d'aigreur, la maladie sans la maudire, l'indifférence et la dureté des grands sans accuser les hommes. La souffrance, au contraire, l'épreuve, manquent dans la vie de Marivaux; il en a été plus heureux comme homme, moins profond comme moraliste.

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