D'Alemberl, p
pour leur amour-propre et trop contraire à leurs habitudes. Aussi, malgré le charme, l'élégance, la finesse d'Adrienne Lecouvreur, lui préférait-il de beaucoup Sylvia. Il arrivait à Adrienne, à la première représentation de la seconde Surprise de V Amour, de jouer avec des allures de reine un personnage de marquise où il eut fallu surtout de l'aisance f et la pièce était accueillie très froidement *. D'autres fois, c'était le contraire, mais toujours pour la même cause ; bonne aux premières représentations, Adrienne se gâtait aux suivants : « On a plusieurs fois oui dire à l'auteur, nous apprend d'Alembert s, que dans les premières représentations, elle prenait assez bien l'esprit de ces rôles déliés et métaphysiques; mais que les applaudissements l'encourageaient à faire encore mieux, si c'était possible; et qu'à force de mieux faire, elle devenait précieuse et maniérée*. a
Mais, si l'on comprend la fortune toujours incertaine de Marivaux au Théâtre-Français, on s'explique moins qu'au Théâtre-Italien, avec ses acteurs préférés et un public sans parti-pris, il n'ait pas été toujours heureux, bien s'en faut, même lorsqu'il méritait le