La Réunion des Amours, scène vi
3. On ne pourrait guère relever dans ses œuvres, en dehors des trois dédicaces citées, que deux allusions qui sentent plus ou moins la courtisanerie, et encore ont-elles leurs circonstances très atténuantes. Dans cette Réunion des Amours, qui vient d'être citée, et qui fut jouée le 9 novembre 1731, la sage Minerve s'efforce de concilier, en les corrigeant l'un par l'autre, l'Amour discret et réservé du xvn4 siècle et le Cupidon effronté mis à la mode par la Régence (voir ci-après, 2a partie, chap. vi). Elle les engage à s'unir, « pour former le cœur du ûls d'un
En revanche, s'il s'éloignait de ceux qui effarouchaient son indépendance, il s'abandonnait davantage avec ses amis; il les aimait assez pour accepter parfois leurs bienfaits. Connaissant la gêne dont il souffrait sans jamais en parler, ils s'efforçaient de désarmer, à force de tact, sa délicatesse ombrageuse. C'était entre eux et lui une lutte dans laquelle d'aucun côté on ne voulait avoir le dessous.
Fontenelle et Helvétius surtout réussissaient à vaincre sa réserve. Deux traits permettent d'apprécier de quelle manière ils savaient donner, et comment Marivaux acceptait. Il était malade depuis quelque temps et ses ressources s'épuisaient; Fontenelle s'empresse de lui apporter cent louis, mais à son grand étonnement, Marivaux les refuse, en disant : « Je sais tout le prix de votre amitié et de la preuve touchante que vous m'en donnez. J'y répondrai comme je le dois et comme vous le méritez : je regarde ces cent louis comme reçus; je m'en suis servi et je vous les rends avec reconnaissance ' ».
grand roi * (se. xiv). Ce « fils d'un grand roi » ne pouvait être que le dauphin Louis (père de Louis XVI, de Louis XVIII et de Charles X), qui fut, en effet, par ses vertus, un reproche vivant pour la cour de Louis XV. Il n'avait encore que deux ans, et Marivaux s'y prenait de bonne heure pour contribuer au genre délicat d'éducation dont il est question dans la pièce.
Dans la Vie de Marianne (sixième partie), le portrait du ministre qui « gouverne à la manière des sages, dont la conduite est douce, simple et sans faste, » qui fait tout « discrètement, uniment, avec aussi peu d'agitation que possible », ce portrait est une allusion évidente au cardinal de Fleury; allusion désintéressée et hommage bien excusable à l'homme d'Etat honnête qui succédait au duc de Bourbon et à Dubois; voir ci-après, 3° partie, chap. iv. Il a aussi quelques mots pour Fleury dans son discours de réception à l'Académie.
1. D'Alembert, p. 599. — En dépit de la fameuse histoire des jetons et du calcul mathématique appliqué au* sentiments du cœur, Fontenelle était susceptible d'attachements profonds et