‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 107 sur 346 · L'abbé Trublet, Mémoires, p · texte numérisé non relu

L'abbé Trublet, Mémoires, p

2. « Fontenelle, dit Villemain, avait lui-même appliqué à la comédie le mélange de familiarité coquette et de flnesse qui caractérise sa manière habituelle. Ses pièces de théâtre, qu'on

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La différence entre Marivaux et La Motte n'est pas moins frappante. La Motte, auteur tragique applaudi, souvent à juste titre, n'a que des échecs avec ses comédies, et,- sur ce même Théâtre- Italien où Marivaux devait exceller, il saisit si mal, dans ses Originaux, le genre particulier de la comédie de mœurs, que, sifflé outrageusement, il se fait trappiste, pendant six mois, de désespoir et de honte. Dans tout ce qu'il écrit, La Motte, malgré beaucoup de talent, est sec, pénible et tendu; Marivaux, s'il tombe parfois dans la recherche, ne connaît jamais l'effort. La Motte passe sa vie à imiter, tantôt Homère, tantôt Racine, tantiM La Fontaine et cela le plus sérieusement du monde, avec la prétention affichée de faire ou mieux ou autrement que ses modèles; Marivaux, après quelques essais de parodie, renonce pour toujours à imiter qui que ce soit; il est si parfaitement original qu'on l'accuse de ne ressembler à personne. Comme pour Fontenelle, l'opposition de caractère est complète entre Marivaux et La Motte. Celui-ci, par une contradiction singulière, naturellement doux, aimal)le, sans rancune, cherche dispute à tout le monde et bataille sans relâche, contre Mme Dacier, contre .1.-15. Rousseau, contre le parti des .\nciens; Mai-ivaux, très bon lui aussi, mais d'amour-propre dit'licile et d'humeur

ne lit plus, onl, pour le tour du dialogue, la subtilité des sentiments et la leclierehe de la naïveté maligne, un air de parenté avec le théâtre de Marivaux. 11 y manque l'intrigue, et cette invention de scène, qui soutient l'attention du spectateur. '. (Littérature au xviii° siècle, treizième leç-on.) Il est impossible de découvrir entre ces deux théâtres la ressemiilance qu'y trouve Villemain. Les comédies de Fontenelle ressembleraient plutôt aux drames bourgeois de Marivaux (voir ci-après, chap. v). D'Alembert institue (p. 594) un excellent parallèle entre le genre d'esprit des deux écrivains et conclut à une dilTérence complète.

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