‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 133 sur 346 · Le'! Sei'ments indisa-els, acte V, se. ii · texte numérisé non relu

Le'! Sei'ments indisa-els, acte V, se. ii

3. L'Ile des Esclaves, se. lu. — Voir encore sur la coquetterie féminine, ci-après, p. 254, et 4'' partie, chap. ii.

196 LAUTEUK DRAMATIQUE.

le mérite de désespérer. L'un d'eux se permet-il de renoncera une cour sans espérance, grande colère de la veuve, qui se dit insultée :

Mon veuvaife est éternel : en vérité, il n'j' a point de femme au monde plus éloignée du mariage que moi, et j'ai perdu le seul homme qui pouvait me plaire; mais, malgré cela, il y a de certaines aventures désagréables pour une femme. Le chevalier m'a refusée; mon amourpropre ne lui en veut aucun mal : il n'y a là dedans que le ton, que la manière que je condamne; car, quand il m'aimerait, cela lui scrail inutile; mais cMilin. il m'a refusée, cela est constant : il ])eut se vanter de cela; il le fera peut-être; qu'en arrive-t-il? Cela jette un air de rebut sur une femme ; les égards et les attentions que l'on a pour elle en diminuent; cela glace tous les esprits pour elle : je ne parle point des cœurs, car je n'en ai que faire; mais on a besoin de considération dans la vie; elle dépend de l'opinion (ju'on prend de vous : c'est l'opinion qui nous donne tout, qui nous ôle tout; au point (pi'après ce qui m"arrive, si je voulais me marier, je le supi)ose, à peine m'estimerait-on quelque chose; il ne serait plus tlatteur de m'ai mer ^

C'est que leur heiuilé est leur souci, leur tierté, leur raison d'être; cette beauté mobile et piquante, où l'esprit, le regard, le sourire, et surtout la volonté de plaire ont encore plus de part que la nalnre. Hitu» de surprenant à cela, et les femmes de Marivaux, si femmes qu'elles soient, n'ont pas le privilège de ce souci; nuiis elles pai'lcnl de leur « visage » avec une franchise que l'on n'a januiis égalée. Elles y reviennent sans cesse; leur [)eusé(! n'a d'autre objet que de la fair-i! valoir et li-iompher. Poui'(inoi l'nnc d'elles ne veut-elle point se nuirier? I)(! peur (lUt; sa beanté ne lui appartienne plus :

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