‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 153 sur 346 · Réminiscence déjà relevée, page 155, n · texte numérisé non relu

Réminiscence déjà relevée, page 155, n

•2. Le Dénouement imprévu, scène vu.

cette impérieuse personne. Admirez avec quelle douceur, dans Y Epreuve, elle prépare sa fille au mariage : « Approchez, Mademoiselle, approchez; n'étes-vous pas bien sensible à l'honneur que vous fait monsieur de venir vous épouser malgré votre peu de fortune et la médiocrité de votre état? » Fronlin ne peut s'empêcher de remarquer : « Ah! madame Argante, vous avez le dialogue d'une rudesse insoutenable * ». Lorsqu'elle change de nom, elle n'est pas plus aimable. Elle s'appelle Mme Damis dans la Joie imprévue, et voici de quel style elle apostrophe Pasquin qui s'est permis une rétlexion : « Vous êtes bien hardi, mon ami, allez, passez votre chemin! Qu'est-ce que cet impertinent-là ^? » Dans tout le théâtre de Marivaux, on ne voit guère que trois rôles de mère ([ui soient à peu près sympathiques : la marquise, mère du petit-maître Rosimond, Mme Amelin qui avoue qu'elle « aime à rire », qu'elle « aime la joie innocente ^ », et Mme Argante, dans la Mère confidente; mais cette dernière est d'un ordre à part et nous la retrouverons.

D'où vient, chez Marivaux, une telle antipathie pour les mères? On a sup])()sé qu'il avait eu à se plaindre de la sienne, et l'on donne pour raison (jue, dans ses œuvres, il ne la nomme jamais *. Nous verrons plus loin ^ ce qu'il faut penser de cette rancune filiale. En attendant, je verrais plutôt dans cette sévérité une protestation contre le système d'éducation maternelle employé par le wiii"^ siècle jusqu'à la révolution salutaire que Rousseau eut le mérite de

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