‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 195 sur 346 · La Mère confidente, acte 1. se. vni · texte numérisé non relu

La Mère confidente, acte 1. se. vni

LA MKRE CONFIDENTE. 279

ANGÉLIQUE Vous, la conlidenlc de votre fille?

MADAME ARCANTE

Oh! votre fille! Eh! qui le parle d"elle? Ce n'est point ta mère qui veut être ta confidente ; c'est ton amie, encore une fois.

ANGÉLIQUE, riant.

D'accord, mais mon amie redira tout à ma mère. Tune est inséparable de Fautre.

MADAME AHGANTE

Eh bien ! je les sépare, moi ; je t'en fais serment. Oui, mets-toi dans l'esprit que ce que tu me confieras sur ce pied-là, c'est comme si ta mère ne l'entendait pas. Eh ! mais cela se doit ; il y aurait mauvaise foi h faire autrement * .

Mais, dira-t-on, Mme Argante trompe sa fille; elle apporte une arrière-pensée dans ce rôle de franchise et d'abandon réciproque ; la mère ne saurait ignorer ce que la confidente apprendra et ne pas en profiter. Sans doute, mais si une habileté quelqiie peu astucieuse peut être excusable^ n'est-ce pas dans une circonstance aussi grave?

La confidente d'une jeune fille ne peut guère recevoir que des confidences d'amour; aussi, dans une scène exquise de délicatesse, Angélique raconte-t-elle bientôt son aventure avec Dorante -. Il est entendu que la mère ne saura rien, mais la confidente est effrayée; elle a droit de conseil et elle use de son droit :

Peut s'en faut, dit-elle, que je ne verse des larmes sur le danger où je te vois de perdre l'estime qu'on a pour toi dans le monde.

ANGÉLIQUE

Comment donc ? l'estime qu'on a pour moi ! Vous me

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