CHAPITRE II
MARIANNE. — MAUIVAL'X ET RICHARDSON ; PAMELA. — JACOB. — MARIVAUX ET LE SAGE; GIL BI.AS. — MARIVAUX ET FIELDING ; TOiM JONES.
Raisonneuse, l)abillarde, un peu suffisante et vaine, avec ces défauts, Marianne n'en est pas moins charmante et vraie. Si Ton cherche au fond de cette nature complexe le trait dominani qui fixe et règle le caractère, ici encore on trouve la coquetterie; une coquetterie ingénieuse, subtile, toujours en exercice, qui perdrait Marianne si elle n'avait pas un grand fonds de fierté. A peine sauvée de la misère, elle doit sa première toilette à la générosité d'un bienfaiteur : elle se pare « avec des dispositions admirables ». Distinguée, supérieure à sa pauvre condition, fille de race sans doute \ elle a d'insfinct le goût des belles choses et l'horreur de la vulgarité; sa toileite lui cause donc une véritable ivresse de bonheur : « Il me prenait des palpitations, dit-elle, en songeant combien j'allais
4. Elle, a lUé trouvée, ;i l'âge de trois ans. dans une voilure pnhli(|uc, seule survivante de tous les voyageurs égorgés par d(!s brigands; aucun indice n"a pu faire deviner qui étaient ses parents. Marivaux ne dit rien, au cours des onze parties qu'il a laissées, de nature à faire soupçonner quel eût été, an dénouement, le père de Marianne, mais son inleulion d'en faire une fille bien née est évidenle.