‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 256 sur 346 · Ihid., cinquième partie · texte numérisé non relu

Ihid., cinquième partie

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la pitié; il n'y a plus d'estime possible pour ce malheureux, chez qui la dévotion n'était qu'un auxiliaire de la débauche, le repentir qu'un subterfuge prévu depuis longtemps, la foi qu'un calcul à l'égard de Dieu ^

En traçant le portrait de M. de Climal, Marivaux, qui faisait peu de cas de Molière, aurait cédé, s'il faut en croire ses contemporains ^, à la même tentation que La Bruyère dans le portrait d'Onuphre, celle de corriger Tartufe. On pourrait appliquera M. de Climal ce que Sainte-Beuve disait d'Onuphre : « Ce n'est qu'une ingénieuse reprise et une réduction du même personnage à un autre point de vue, au point de vue du portrait et non plus à celui de la scène •'' ». Le théâtre veut des personnages vivants et agissants; le roman et les études morales se contentent de portraits. Marivaux pensait peut-être, comme La Bruyère, que Tartufe va trop vite, qu'un hypocrite a plus de mesure et d'adresse, n'exagère rien, prend mieux ses précautions, etc. Aussi, comme La Bruyère, s'efTorce-t-il de corriger le type créé par Molière. Par exemple, dans la déclaration de M. de Climal, les transitions sont

1. Je dois dire que, depuis Duviquel jusqu'niix récents critiques de Marivaux, la confession linale de M. de Climal a fait apprécier son caractère avec beaucoup plus d'indulgence. Voir Duviquet, t. VI, p. 121: de Lescurc, Éloge, p. 102 ; C. Gossot Marivaux inoraliste, p. .SI.

2. " Il avait pour ce comi(|ue ineuniparaljlc une invincihlc antipathie; il en convenait même de bonne foi. » (17e de Mariraiu-, p. 7, dans la Galerie française.) « Il avait le malheur de ne pas estimer beaucoup Molière, et le malheur plus grand de ne pas s'en cacher. Il ne craignait pas même, quand on le mettait à son aise sur cet article, d'avouer naïvement (lu'il ne se croyait pas iïiférieur à ce grand ])eintre de la nature. 11 j)rétendait, par exemple, que le dévot M. de Climal, dont il a en elTct si bien tracé le palelinage dans le roman de Marianne, était un caractère i)eaucoup plus lin ipic le Tarlul'e. » (D'Alembert, p. l'M).)

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