LES AMOUREUX
l'amour audacieux, ou du moins courageux, qui s attaque au plus fort de tous les anciens préjugés, celui de la naissance, et donne au roturier Dorante assez de hardiesse pour demander et obtenir, c par droit de conquête, » la main de la noble et fière Angélique ^ Cet amour cep.endant est presque moderne, comme celui de Lélio, bien que dans un genre tout différent. Marivaux en offre un plus moderne encore, celui de Tinten-] dant d'Âraminte, bien né, mais pauvre, de condition très subalterne, mais de sentiments très généreux, qui mérite, par une gradation rapide, la bienveillance, l'estime, l'intérêt, l'affection passionnée, non pas d'une romanesque et fière jeune fille, mais de l'aimable et douce veuve qui lui donne son cœui* et sa main, après n'avoir voulu lui confier que ses intérêts *.
en dépit d'une taste leclure et d'un certain sens du théâtre, un ouvrage si pédantesque et si lourd. On peut dire simplement que la timidilé, surtout en matière amoureuse, existe à tout âge^ car elle peut tenir, comme chex le marquis, au caractère même; c'est un défaut comme tant d'autres, que le temps aggrave parfois au lieu de les corriger.