‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 134 sur 445 · Ls Bourgeois gentilhomme, acte III, se. n · texte numérisé non relu

Ls Bourgeois gentilhomme, acte III, se. n

3. L'abbé de La Porte, VObsermteur littéraire, 1759, t. 1, p. 92.

^\i, HAUTEUR DRAMATIQUE.

pressent de reprendre leurs idées 'd'aalrefois, avec plus de piquant, si c'est possible, et de liberté dans la coquetterie ^ \ Deux caractères, une jeune fille et une jeune veuve, Sylvia, du Jeu de r Amour et du Hasard, et Araminte des Fausses Confidences f tranchent sur ceux dont nous venons de marquer les traits principaux, la première par sa franchise mêlée d'espièglerie, la seconde par sa droiture et sa bonlé^

Aimante et bonne, mais très décidée à ne pas accorder sa main à la légère, Sylvia n'a aucun éloignement de parti pris pour le mariage; seulement elle pense sur cette grave question comme Âlceste surTamitié :

Avec lumière et choix cette union veut osttre ; Avant que se lier il faut se mieux connaître ^.

^Plus raisonnable qu'on ne Test à son âge, elle dispenserait à la rigueur son futur de bonne mine et de beauté : a Ce sont là des agréments superflus. Dans le mariage, on a plus souvent affaire à l'homme raisonnable qu'à l'aimable homme; je ne lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difticile à trouver qu'on ne pense ^. ^He se déguise donc en soubrette pour recevoir le prétendant qu'on lui destine, l'étudier à loisir et peul-élre aussi, car elle est femme, trouver dans cette situation piquante, un ragoût de coquetterie. Mais, comme il sied dans une comédie, le futur n'est pas moins méfiant et il arrive déguisé en valet. Trompés l'un et l'autre, ils s'aiment sans le vouloir; situation bien délicate que Marivaux traite avec un tact exquis. Surprise, inquiète, Sylvia jure de se vaincre; e)le lutte donc avec une vraie douleur et un vrai courage contre un sentiment dont elle rougit. Enfin, lorsqu'elle a deviné la ruse, soulagée d'un grand poids, libre de suivre un penchant de plus en plus impérieux, mais toujours maîtrisé, elle s'écrie < Ah! je vois clair dans mon cœur*!. » Elle avait bien besoin

i. On pourrait appliquer aux veuves de Marivaux, sauf la crudité de quelques termes et Texcessive liberté d*un ou deux vers, la plaisante tirade de Regnard (le Bal y acte I, se. iv) :

Oui-dà, l'état de veuve est une douce chose...

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