‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 142 sur 445 · llrid , scène xxi · texte numérisé non relu

llrid , scène xxi

3. Scènes viii et xvii. — C'est dans le rôle d'Angélique de V Épreuve qu'une des meilleures actrices et chanteuses comiques du dix-huitième siècle, M"* Favart, débuta aux lUliens, le 5 août 17A9 (Frères Parfaict, Dict. des théâtres). Cette charmante pièce inspire à M. Francisque Sarcey une page excellente, une des meilleures dont Marivanx soit le sujet : a Quelle joUe œuvre, s*écrie-t-il, quel bijou exquis que cette Épreuve nouvelle! Alfred de Musset, avec toute sa poésie, n'a rien écrit de plus frais, de plus aimable, de mieux coupé pour la scène. Le milieu où s'agitent cas personnages est

nî L*AI}TEUR DRAMATIQUE.

de la coquetterie, la tendresse 6dèle et la bonté sans détour à la place de l'inconstance et des petites perfidies. Ces jeunes veuves, qui ne sont plus naïves, mais qui sont toujours sincères, ces jeunes filles pures et franches reposent des coquettes fardées et niinaudières. Le sentiment prend sa revanche sur la raison qui Tamt chassé de l'amour; la tête seule jouait un rôle, le cœur est enfin de la partie. En vain l'éducation mondaine avait tout fait pour restreindre chez ces jeunes femmes la part du naturel; celui-ci; enfin victorieux, reparatt et remporte ; un souffle d'amour vrai s'élève, comme une brise rafraîchissante, dans ces oasis du théâtre de Marivaux.

tout de convention, et cette convention est aujourd*hui démodée ; elle gêo» un certain nombre de détails. Hais que de cadres littéraires sont ainsi tombés en morceaux sans que le tableau en ait souffert ! Y a-t-il jamais eu un milieu plus faux que celui de la pastorale? Les églogues de Théocrile en sont-elles moins des chefs-d'œuvre? Croit-on que dans cent ans les faux marquis des proverbes d'Alfred de Musset ne montreront pas la corde? On passera condamnation sur l'habit, pour ne faire attention qu'à la personne et au langage. L'Épreuve nouvelle a été refaite bien souvent, jamais elle n'a été conduite avec autant de discrétion et de grftce ! Je plains ceux qui ne goûtent pas le charme fin et mesuré de ces conversations, où les sentiments se trahissent plus qu'ils ne se dévoilent, et ne s'épanouissent qu'après avoir mis longtemps à s'entr'ouvrir. » (le Temps^ 26 janvier 187&.)

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