Ibid.y acte I, scène vn
à, Ibid,, acte III, scène }\. Yoy., dans la seconde Surprise, de r Amour , a suivante de la marquise, Lisette, aussi familière avec sa maîtresse.
5. Dans les Serments indiscrets (acte H, scène m) Frontin dit â Lisette : « Tu me parais être le mieux du monde avec ta maîtresse. » Et Lisette répond : a C'est moi qui suis la sienne, je la gouverne. » Cette manière de représenter les soubrettes n'est point de pure convention : Marivaux a pris dans la réalité contemporaine les traits sous lesquels s^offrent ces suivantf>f, dont nn historien de la société française au dix-huitième siècle, d^jà cité,
Jacqueline, Marton, conduisent la pièce de concert avec eui et les épousent presque toujours, mais elles donnent moins dans le jargon et le phébus, ont la plaisanterie plus naturelle et les sentiments plus relevés. Presque toujours elles brillent par une bonne humeur charmante, qui pétille en fusées de franc rire, une espièglerie alerte et mutine, un esprit de repartie qui ne les laisse jamais dans l'embarras. Quant à leur finesse, on pourrait leur appliquer la plaisante exagération de Crispin à propos de leur ouïe : « Cette oreille-là, voyez-vous, d'une demie-lieue entend ce qu'on dit, et d'un quart de lieue ce qu'on va dire*.»
On retrouve parmi elles la même variété de caractères que parmi les valets. Marton, des Fausses Confidences^ est une
trace un portrait tout semblable : « (La soubrette) est précieuse h madame, qui la traite presque en femme de compagnie. Et à force de voir d'en bas la meilleure société, elle en prend à l'antichambre et dans Tofllce le maintien, les petits airs, les travers et l'élégance, si bien qu'elle pourrail, comme Lisette, doubler sa maîtresse dans les Jeux de l'Amour..., Si élégantes, si coquettes, si provocantes qu'elles soient, ces femmes de scr- Tice ont souvent de la vertu ; presque toujours elles ont une vertu : le dévouement, si commun dans le service plein de douceurs de ce temps où les maîtresses faisaient danser aux chansons dans leur antichambre, où les Choiseul donnaient le bal aux domestiques do leurs amis. » (De Concourt, la Femme au dix-huitième siècle y ch. m, p. 111.)
Un théoricien du théâtre, qui était en même temps un acteur distingué, Antoine-François Riccoboni, fils de Lélio et de Flaminla (voy. ci-dessus, p. 47, n. 2), n'en proteste pas moins coûtre le type nouveau auquel ces soubrettes donnent naissance, et que Marivaux, dont il jouait les pièces, contribua beaucoup à fixer : « Je ne puis assez me plaindre de l'obstination avec laquelle on s'efforce depuis longtemps de donner de la noblesse aux soubrettes. Leur façon de jouer est devenue à peu près celle d'une amoureuse gaie, et cela me paraît contraire au naturel. // est vrai que les auteurs comiques de nos jours n'ont pas peu contribué à ce défaut. Une suivante voit le monde qui vient ches sa maîtresse, mais elle n'en a point l'usage. Le caractère de son esprit est d'avoir plus de malice que ne finesse ; et les pensées les plus déliées doivent être exprimées dans son jeu avec toute la force de quelqu'un qui est capable de les concevoir, mais non pas avec Tagrément d'une personne accoutumée à la conversation brillante. On voit peu d'actrices se maintenir dans ces limites. La plupart même s'habillent d'une façon peu convenable à leur rôle. Celles qui jouaient dans ma jeunesse savaient mieux se caractériser. L'envie de lutter a tout changé. Maintenant l'habit de la soubrette est quelquefois plus brillant que celui de la maîtresse; ses oreilles sont chargées de diamants, et l'on voit dans son jeu autant de pompons que sur sa jupe. » {L*Art du théâtre^ 1750, p. 70.) Riccoboni aurait dû, ce semble, s'en prendre aux mœurs plutôt qu'aux auteurs.