‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 158 sur 445 · LES HÈRES; LEUR RUDESSE · texte numérisé non relu

LES HÈRES; LEUR RUDESSE

Argante^ vous avez le dialogue d'une rudesse insoutenable ^ > Lorsqu'elle change de nom, elle n'est pas plus aimable ; elle s'appelle M"* Damis dans la Joie imprévue ^ et voici de quel style elle apostrophe Pasquin qui s'est permis une réflexion : € Vous êtes bien hardi, mon ami, allez, passez votre chemin ! Qu'est-ce que cet impertinent-là'? » Dans tout le théâtre de Marivaux on ne voit guère que trois rôles de mère qui soient à peu près sympathiques : la marquise, mère du petit-maltre Rosimond; M"® Amelin qui avoue qu'elle « aime à rire, > qu'elle a aime la joie innocente ^; » et M""» Argante, dans la Mère confidente; mais cette dernière est d'un ordre à part. D'où vient, chez Marivaux, une telle antipathie pour les

1. Scène xv. Comparez le débul de la tirade d'Amolphe, dans VÉcoledes Femmes, acte III, scène ii :

ie vous épouse. Agnès, et cent fois la journée Tous devez bénir l'heur de votre destinée, Contempler la bassesse où vous avez été. Et, dans le môme temps, admirer ma bonté, Qui, do ce vil état de pauvre villageoise, Vous fait monter au rang d'honorable bourgeoise.

Vous devez toujours, dis -je, avoir devant les yeux Le peu que vous étiez sans ce nœud glorieux, Afin que cet objet d'autant mieux vous Instruise A mériter l'état où je vous aurai mise.

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