L'HOMME D*ARGENT
ont pris la forme, Tun du financier Richard, l'autre du bel es* prit Ergaste. Piqué au vir par les railleries d'Apollon, qui persifle a?ec une impertinence de bon ton la tournure gauche, le langage 0 massif p de son rival S Plutus entreprend de lui prouver qu'en amour, comme en toutes choses, l'or est tout- puissant. En effet, tandis qu'Apollon tourne en pure perte de galanls petits vers, Plutus a bientôt gagné, c'est-à-dire acheté, et la suivante et l'oncle d'Âminte, Spinette et Amidas, et Aminte elle-même; jusqu'au valet d'Apollon, Arlequin, qui attendait ^es gages depuis trop longtemps. Il pousse sa fastueuse insolence jusqu'à payer et à prendre pour lui les musiciens que son rival avait amenés pour offrir un divertissement à Aminte; puis il s'en va, avec un gros rire, content de sa victoire, laissant là tout penauds, lorsqu'il s'est fait connaître, ceux qu'il a payés : « Ne vous alarmez pas, leur dit-il, je vous laisse les présents que je vous ai faits. Vous vous passerez bien de moi avec cela, n'est-ce pas'? » Voilà, ce semble, un dénouement tout à l'avantage de Plutus, c'est-à-dire du personnage le moins sympathique de la pièce. C'est que, pour rester dans la vérité, Marivaux renonce à la convention en vertu de laquelle, au dénouement de toute comédie, le vice doit élre puni et la vertu