‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 179 sur 445 · Le Triomphe de Plutus, scène il · texte numérisé non relu

Le Triomphe de Plutus, scène il

2. Le Triomphe de Plutus, scène xvin. — Cette pièce fut représentée au Thé&lre-Italien le 22 avril 1728; vingt-huit ans après, le sujet traité par Marivaux était repris sur la même scène : le 2 septembre 1756, une comédienne plus conn\je par ses galanteries que par son talent dramatique, une Hus (qui jouait à la Comédie-Française les soubrettes de Marivaux), y faisait représenter une pièce en un acte^ Plutus rival de r Amour. Cette pièce n'eut aucun succès, malgré l'annonce originale qu'une actrice adressait au public avant la représentation :

On Tient lonvont. Messieurs, ponr vous séduire Par un long compliment mendier un succès; Mais noas n'avons que deux mots à tous dire: L'auteur est femme, et tous êtes Français.

M"' Hus eut une fille qui parut à son tour au Théâtre-Français dans les rdles de soubrette, mais avec plus de succès t|ue sa mère (voy. ci-dessus, p. 65, n. 2). Elle fit aussi grand bruit par ses galanteries^ et Diderot a raconté avec un esprit merveilleux certaine de ses aventures avec le financier Bertin {Lettres à Jlf"* Voland, 19 septembre 1761); en Russie, elle eut une carrière des plus brillantes et couronnée d'honneurs inespérés (voy. la Bévue de Paris, 1*' août 1830). Au théâlre mème^ elle se distinguait par des écarts de conduite asseï particuliers. Voy. k ce sujet un curieux travail de M. de Chenevières sur les Comédiens du roi à la cour^ dans V Artiste du 2 septembre 1881.

m l*AUTEUR DRAMATIQUE.

récompensée. La moralité ne se dégage pas moins : elle est dans la laideur du caractère de Plutus, dans la grossièreté repoussante de ses sentiments et de son langage, et aussi dans son mépris trop justifié pour les hommes. Elle est dans des traits comme ceux*ci : c Un homme comme moi ! s'écrie Plulus, c'est un trésor.» Il a raison : ce n*est même que cela. « Homme de mérite, lui I dit-il de son rival » il n'a pas le sou ^ » Ni Tart ni la morale ne gagnent à une moralité de convention ; un écrivain sert la morale par cela seul qu*il peint sous des couleurs vraies le vice, même triomphant; pourvu qu'il nous détourne par le mépris des bassesses couronnées de succès, et qu'il nous inspire de la sympathie pour l'honnêteté vaincue, son œuvre est saine et bonne *.

Une dernière remarque au sujet des deux pièces que nous venons d'analyser. Écrites d'un style facile et coulant, d'une allure aisée, un peu tratnanteet nonchalante, empreintes souvent d'une grftce exquise, avec un mélange d'indulgence et

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