‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 190 sur 445 · La Nouvelle Colonie, scène IX · texte numérisé non relu

La Nouvelle Colonie, scène IX

3. On y aura retrouvé plusieurs idées exprimées déjà par La Bruyère, notamment dans un passage assex connu pour qu'il soit inutile de le citer ici (Des Femmes, § Ï9). Peu d'années avant la Colonie^ en 1721, Montesquieu écrivait : « L'empire que nous avons (sur les femmes) est une véritable tyrannie ; elles ne nous l'ont laissé prendre que parce qu'elles onl plus de douceur que nous, et par conséquent plus d'humanité et de raison ; ces avantages, qui devaient fans doute leur donner la supériorité si nous avions été raisonnables, la leur ont fait perdre, parce que nous ne le sommes point. Or, s'il esl vrai que nous n'avons sur les femmes qu'un pouvoir tyrannique, il ne l'e&t pus moins qu'elles ont sur nous un empire naturel, celui de la beauté, à qui rien ne résiste. Le nôtre n'est pas de lous les pays, mais celui de la beauté est universel. Pourquoi aurions-nous donc un privilège? Est-ce parce que nous sommes le» plus Torts? Mais c'est une véritable injustice. Nous employons toute sorte de moyens pour leur abattre le courage ; les forces seraient égales, si l'éducation l'était aussi ; éprouvons-les dans les

Page 1