MARIVAUX ET ARISTOPHANE
sistrala avec l'infortuné magistral qu'elle met en déroute*. Cependant, il est presque impossible que Marivaux ait connu Aristophane; nous l'avons vu ', il ignorait absolument le grec, et, en 1729, lorsqu'il composa la Colonie, il n*y avait encore dans noire langueaucune traduction complète d'Aristophane-"* : le Théâtre des Grecs du P. Brumoy, ne parut que l'année suivante. Un ami obligeant aurait-il fait à Marivaux une analyse de Ly sistrala? Cela est peu vraisemblable: les lettrés capables de lire Aristophane dans le texte étaient rares au dix^huitième siècle et appartenaient à un parti où Marivaux comptait peu d amis^ celui des Anciens. Il faut donc admettre une rencontre fortuite, sans trop s'en étonner. Nous voyons ici Marivaux reproduire involontairement Aristophane*; nous le verrons bientôt se rapprocher de Shakespeare, tout aussi involontaire^ nient et de beaucoup plus près.
Les trois pièces que nous venons d'étudier nous avaient fait quitter le monde de fantaisie où se passent Félicie et 17/^ des
!• La Nouvelle Colonie, scène xui; Lysùtraia, v. A30-610.