CHAPITRE III
TYPES ET SCÈNES POPULAIRES. — LE PEUPLE DE PARIS. — LES CLASSES MOYENNES. — L'ANCIENNE BOURGEOISIE. — MARIVAUX ET CHARDIN; GREUZE ET DIDEROT. — LA NOBLESSE. — PORTRAITS. — M"" DE L.iMBERT ET DE TENCIN. — SITUATIONS ET DESCRIPTIONS. — - LE SENTIMENT DE LA NATURE AU DIX-SEPTIÈME ET AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
Laissons cependant la postérité anglaise de Marivaux^ plus ou moins directe et ressemblante, pour revenir à ses romans et parcourir avec ses héros le monde qu'ils traversent et qu'ils dépeignent chemin faisant.
Grâce à l'origine de Jacob et aux débuts modestes que la destinée impose à Marianne, nous rencontrons, au seuil même de leur histoire, ces classes populaires qui doivent occuper une place prépondérante dans le Paysan parvenu, considérable dans la Vie de Marianne. Nous avons déjà remarqué que Marivaux connaissail bien le peuple, surtout celui de Paris, où il passa presque toute son existence, et nous verrons ^ à quelle étude il devait cette exacte et profonde connaissance des milieux plébéiens. Il y a, dans la Vie de Marianne, un por* trait du peuple de Paris, d'un détail très étudié, ce qui est lordinaire chez Marivaux, et d'une frappante vérité d'ensemble, ce qui est plus rare. Ce tableau, peu connu, mérite d'être cité comme le digne pendant du dîner chez M"*" Dorsin ' ; après le salon, voici la rue :
Le peuple à Paris n'est pas comme ailleurs. En d'autres endroits, vous le verrez quelquefois commencer par être méchant, et puis finir par être humain. Se querelle-t-on, il excite, il anime ; veut-on se battre, il sépare. En d'autres pays, il laisse faire, parce qu'il continue