‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 254 sur 445 · Ln Vie de Marianne^ onzième partie · texte numérisé non relu

Ln Vie de Marianne^ onzième partie

3. Voy., dans le Spectateur français ^ quatorzième feuille, la lettre d'un père viciime d'une pareille erreur, et ci^après, quatrième partie, chap. i.

H. Voy. le chapitre de M. H. Taine sur l'éducation de l'ancienne nob'essc et le caractère qui en résultait : « Le fonds et la ressource^ conclut -il, manquent à ce caractère; à force de s'atfmer, il s'est étiolé, et la nature.

3ê2 LE kÔMANClÊR.

ci, impérieuse, égoïste, a trouvé bon de se débarrasser de sa belle-mère, peu gênante cependant.

Ces femmes de la noblesse sont l'objet, de la part de Marivaux romancier, d'une hostilité singulière ; sauf deux exceptions, il les représente à peu près comme dans son théâtre il représentait les mères, vaines, d'esprit étroit, souvent sans mœurs ou sans cœur ^ .

Sans cœur sont M"'' et M"'' de Fare, qui, après avoir reçu avec empressement la pauvre Marianne, la chassent presque et l'obligent à quitter leur château, dès qu'elles ont appris le secret de son origine ' ; M"** Varthon, la fausse ingénue ; la parente de Valville, cette « personne longue et maigre, » de langage c plus aigre encore et plus revéche que sa physionomie, > acharnée contre Marianne ^ ; les deux tantes de H*^ de Tervire, impitoyables par avarice, au demeurant « toutes les deux les sujets du monde les plus minces du côté de lesprît et du caractère*. > Remarquons, à ce propos, quel rôle jouent les questions d'argent, les intérêts mesquins, dans ce monde aristocratique, aux dehors si généreux, qui prodigue Tor avec une souveraine insouciance, mais seulement pour ses plaisirs et ses fantaisies folles, jamais pour ses devoirs.

Sans mœurs sont M*"" de Ferval et M"* de Fécour. Elles représentent cette « débauche crue, » voilée d'hypocrisie ou scandaleusement étalée, que Marivaux n'avait point voulu mettre à la scène, mais qu'il ne craignit pas de représenter dans le roman. Cette plaie du dix-huitième siècle, il la dévoile sans ménagements, non certes avec la complaisance caressante et corruptrice de Crébillon fils ^, mais avec un mépris qui se traduit dans les réflexions naïves de Jacob.

appauvrie par la culture, est incapable des transformatioiu par lesquelles on se renouvelle et on se survit. » {Les Origines de la France contemporaine, t. I, livre H, chap. m, 3.)

1. Voy., dans \e9 Pièces détachées^ la Deuxième lettre à madame ***, con* tenant des réflexions sur les femmes de qualité.

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