‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 256 sur 445 · Voy. ci-dessus^ p · texte numérisé non relu

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3. Le Paysan pai^enu^ cinquième partie. — Du moins, on devine qu'ainsi finira la querelle, mais on n'assiste pas à celte réconciliation scabreuse. Moins réservé que Marivaux, Regnard a traité jusqu'au bout une situation semblable dans la Provençale (histoire de Zelmis et d'immona surpris par Achmet).

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VOUS eussiez fait comme si vous Taimiez. a Sa déclaration à Jacob est très simple ; les premières paroles à peine échangées, elle lui dit : « Le premier homme pour qui j'ai eu de l'inclination vous ressemblait tout à fait ; je le crois voir et je Taime toujours; je le tutoyais, c'est assez ma manière.... Ne voulezvous pas que je vous traite comme lui ^ ? > Marivaux ne tenant pas à décrire ce qui n'a nul besoin de description pour être compris, ce que tant de romanciers pourtant décrivent si volontiers, il s'arrange de manière à n*étre plus obligé de mettre en présence Jacob et M"* de Fécour.

Certes, il y a des degrés dans la corruption, et l'on ne saurait sans injustice conclure de ces deux caractères que telles étaient la plupart des grandes dames du dix-huitième siècle. Mais n'est-ce pas une charge bien grave, pour une classe et pour un temps, que de fournir de pareils modèles, sans que le romancier qui les met en scène se croie tenu à les présenter comme des exceptions? N'est-il pas grave surtout de les trouver chez le plus réservé, le moins sévère des écrivains de ce temps? Que nous montreront alors ceux qui veulent tout dire I Duclos, Crébillon fils et Laclos se chargent de la réponse*.

M"» de Miran et M** Dorsin atténuent cette mauvaise impression. A côté de la corruption hypocrite ou scandaleuse, elles représentent la vertu sans pruderie, la droite et franche honnêteté.

M^^de Miran, mère de Val ville, est la protectrice de Marianne. Depuis le jour où elle a rencontré la pauvre orpheline, elle a été pour celle-ci d'une bonté délicate, attentive, inépuî-

1. Le Paysan parvenUy quatrième partie. — Un trait jeté en passant en dit très long; sur les mœurs de M"** de Fécour. Elle donne à Jacob une lettre de recommandation pour son frère, un flnancier : « Fort bien, dit celui-ci après l'avoir lue ; voilà le cinquième homme, depuis dix-huit mois, pour qui ma bcUe-sceur m*écrit ou me parle et que je place ; je ne sais où elle va chercher tous ceux qu'elle m'envoie, mais elle n'en flnil point, et en voici un qui m'est encore plus recommandé que les autres. L'originale femme ! »

2. Sept ans après le Paysan parvenu, en 17^2, Duclos publie ses Confessions du comte de***, sorte de m'^nmoires d'un jeune roué. Le comtecolonel dresse la liste de ses bonnes fortunes et nous présente tour à tour la femme de qualité, la coquetie, la dévote, la caillette, la marchande, la financière, etc. Ces héroïnes ressemblent beaucoup à celles de Marivaux, et la plus maltraitée est encore la grande dame. Quant à Crébillon flis et a Laclos, l'excès de libertinage mis à part, ils laissent la|môme impression sur les diverses classes de la société.

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