‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 264 sur 445 · LE SENTIMENT DE LA NATURE · texte numérisé non relu

LE SENTIMENT DE LA NATURE

romans, à peine si l'on en peut trouver deux traits bien minces et vagues. Ce sont le jardin où M*^ de Tervire malheureuse entre, par un beau jour, pour promener ses chagrins, et le cabinet de verdure où se passe la scène d'explication entre Yalville et Marianne '. Il était temps que Rousseau vint dévoiler la splendeur des beautés naturelles, les mêler à nos joies et à nos douleurs, rétablir entre la nature et Thomme un courant de sympathie, et retremper aux sources champêtres Timagination desséchée *.

1. Voici les deux passages ; ils sont très courts : « 11 faisait un fort beau jour, et il y avait dans l'hôtellerie un jardin qui me parut assez joli. Je fus curieuse de le voir, et j*y entrai. Je m'y promenai môme quelques instants. » (£m Vie de Marianne, onzième partie.) — Pendant qu'on était là-dessus, je feignis quelque curiosité de voir un cabinet de verdure qui était au bout de la terrasse. l\ me parait fort joli, dis-je à Valville, pour l'engager à m'y mener. » (Ibid,, huitième partie.) Jardin ou cabinet de verdure, c'est toujours le parc, la campagne arrangée et parée ; ce n'est pas encore la nature.

2. M. Mézières {le Temps, 27 avril 1881) réclame pour Diderot l'honneur d'avoir le premier parlé de la nature avec un sentiment profond et vrai, deux ans avant la publication de la Nouvelle HéloUe^ dans le second et le troisième des Entretiens sur le Fils naturel : « L'expression, dit-il, n'atteint point le degré de justesse où Rousseau la portera; chez Diderot l'improvisateur et le déchimateur gâtent trop souvent l'écrivain ; mais Rousseau n'ajoute rien à la sincérité du sentiment. »

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