Ibid, Voy. encore Tartufe^ scène citée, p. 423, n
426 LE ROAANGIER.
honte, ne la laissa contempler plus à Taise, ne plia de meilleure grâce sous le poids de sou iniquité, et n'avoua plus franchement qu'il était un misérable ^ »
Désormais, il doit disparaître; il n'a pas les terribles moyens dont Tartufe s'était prémuni pour se venger d'Orgon et d*EImire. Les aurait-il, que, sans doute, il ne les emploierait pas ; . encore une fois, il s'en tient aux petites bassesses ; il ne va point jusqu'au crime, avec la méchanceté satanique, presque grandiose, de son devancier. Nous ne le revoyons qu'à son lit de mort, repentant, tremblant à l'idée qu'il va comparaître devant Dieu, et faisant, avec une incontestable sincérité, une confession publique et complète de « ses erreurs^. » Mais, faut-il le dire, cette confession, très émouvante en elle-même, et dont Marivaux attendait pour, son héros, non seulement l'absolution du prêtre, mais aussi le pardon du lecteur, cette confession nous laisse froids. Par la conduite antérieure du personnage, nousavions deviné ses secrètes espérances.Croyant, mais vicieux, accommodant avec lui-même et rusant avec la morale religieuse, il comptait, pour tout racheter, sur une dernière heure que lui laisserait sans doute la miséricorde divine. Cet odieux calcul nous répugnait, et maintenant, devant ce repentir, sincère à coup sûr, mais trop intéressé, nous déclarons que nous ne sommes pas dupes. Tout ce que nous pouvons accorder à M. de Climal, c'est notre pitié ; nous ne saurions rendre notre estime à ce malheureux, pour qui la dévotion n'était qu'un auxiliaire de la débauche, la foi qu'un calcul à l'égard de Dieu, le repentir qu'un subterfuge arrangé, ou tout au moins prévu depuis longtemps^.
En traçant le portrait de M. de Clinikl^ Marivaux, qui avait le malheur de faire peu de cas de Molière, aurait cédé, s'il faut en