CHAPITRE V
LES FINANCIERS. — L'N MÉNAGE DANS LA FINANCE. — LE FINANCIER IMPI- TOYABLE ; LE FINANCIER BONHOMME. — LE MINISTRE : LE CARDINAL DE FLEURT. — PORTÉE HISTORIQUE DES ROMANS DE MARIVAUX.
Après les faux dévots, les gens de finance tiennent la première place dans les antipathies de Marivaux. On a vu ^ comment il les traitait dans son théâtre ; il leur est encore plus hostile dans ses romans. Ici même la satire, dégagée du voile mythologique, est plus directe et plus sévère. Le financier n'est plus seulement, comme dans le Triomphe de PlultiSy un bonhomme épais et grossier, d'une lourde insolence, mais, en somme, sans trop de méchanceté; c*est un~étre malfaisant, brutal, sans entrailles, d'une corruption qui inspire la colère et le dégoût. Par une sorte de dédaigneuse condescendance, Marivaux accorde qu'il puisse se rencontrer dans l'espèce, à titre d'exception, un peu de droiture et de bonté, mais toujours gâtées par des vices indélébiles, une grossièreté native, l'absence de toute délicatesse et de toute amabilité*.
Jacob, arrivant à Paris tout droit de son village, entre en condition chez un de ces financiers et nous représente la mai-