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2. En cela, il allait trop loin. Il y avait d'honnètes gens parmi les financiers, même des âmes délicates, à preuve son ami Helvétius; il y avait aussi des gens de goût et d'esprit. Pour ceux du dix-septième siècle, voy. l'ouvrage déjà cité de M. E. Berlin, les Mariages et la Société française, livre V. Au dix-huitième siècle, outre la Popelinière, dont Marmontel dit tant de bien {Mémoires y passim), nous trouvons, parmi les plus connus, Dupin de Francueil, dont la petite-fille. M""* George Sand, a tracé un si charmant portrait (Histoire de ma vie, t. 1, ch. il). Deux ouvrages récents, consacrés aux financiers du dernier siècle, permettent de les voir sous les deux aspects, qualités et défauts, une FamiUe de finance au siècle dernier, par M« Delà-
son OÙ il sert comme le théâtre naturel de tous les désordres. Maître, maîtresse , valets, rivalisent de sans-géne moral , de corruption, presque ingénue à force de laisser-aller inconscienL Madame passe son temps a dans toutes les dissipations du grand monde ^ » va au spectacle, soupe en ville, fait de la nuit le jour et du jour la nuit, a des amants, les reçoit à sa toilette, y lit les billets doux qu'on lui envoie et les laisse traîner: c les lisait qui voulait ; mais on n'en était point curieux ; ses femmes ne trouvaient rien d'étrange à tout cela ; le mari ne s'en scandalisait point; on eût dit que c'étaient là, pour une femme, des dépendances naturelles du mariage. > Madame c vit donc dans sa coquetterie, comme on vivrait dans l'état le plus décent et le plus ordinaire, tout aussi franchement qu'on boit et qu'on mange'. » Au demeurant, « bonne personne,» indulgente pour tous comme pour elle-même, traitant ses domestiques avec une aimable familiarité, trouvant tout bien et laissant sa maison aller comme elle peut. A la façon dont elle encourage les galanteries de Jacob, on devine qu'elle est sans préjugés, que, pour elle, comme dit La Bruyère, a un maçon est un homme^, » et que, si elle en a le loisir, elle traitera le jeune et beau valet comme voudront le traiter plus tard j^mcfl de Fécour et de Ferval.
Pas plus que Madame, Monsieur ne se pique de fidélité bourgeoise. Les deux époux vivent, en effet, sur ce pied de tolérance mutuelle et de libre camaraderie qui était alors le bel air*: «ils avaient chacun leur appartement, d'où, le matin, ils en-
bante, qui nous moutre chez plusieurs de ces manieurs d'argent un vif sentiment de Tbonneur, et ies Prodigalités cTun fermier générai^ par M. Em. Campardon, où est mis à nu, bêtement prodigue et vilainement sot, le triste personnage de M. d'Êpinay, le mari de Taimable amie de ^ J.-J. Rousseau et de Grimm, à laquelle nous devons de si curieux Mémoires.
1 . Et le grand monde a la tolérance très large en cette matière : c (Le mariage) a contre lui les relftchements, les accommodements de la morale sociale, la liberté chaque jour plus grande des habitudes privées.... La jeune femme reçoit les jeunes gens de son âge. Elle va au spectacle en petite loge, seule avec des hommes. Au bal de l'Opéra, elle n'emmène que sa femme de chambre. La mode lui donne le droit de toutes ces démarches qui autrefois auraient fait noter une femme de légèreté. Rendez-vous, occasions, toutes les facilités, elle les a sous la main : elle ne va plus a Tadultère, radultère vient à elle, » (De Concourt, la Femme au dix-huitième siècle^ p. 232.)