‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 317 sur 445 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE MORALISTE (suite)

THÉORIES MORALES DE MARIVAUX : LA CONSCIENCE; LE BIEN ET LE MAL. — LESMGEURSDU TEMPS : L'AMOUR ; LE MARIAGE; LA CONDITION DES FEMMES; L'ÉDUCATION DES ENFANTS. — L'AMOUR-PROPRE ; COQUETTES ET PETITS MAÎTRES. — MARIVAUX ET DOCLOS.

Essayons cependant de retrouver, parmi les feuilles trop souvent disparates et d'inégale valeur dont nous parlions tout à l'heure, les principales théories morales de Marivaux.

Il a pris soin de discuter et d'établir avec quelque détail celle qui domine la science des devoirs tout entière, la distinction du bien et du mal. Dans celte discussion, il ne se place nullement au point de vue stoïcien et ne propose pas à l'homme un idéal de perfection chimérique. Il sait combien notre nature est faible, changeante, capable tour à tour de vice et de vertu :

J*ai été, dit-il, mon propre spectateur, comme le spectateur des autres; je me suis connu autant qu*il est possible de se connaître; ainsi, c'est du moins un homme que j'ai développé. Quand j*aî comparé cet homme aux autres ou les autres à lui, j'ai cru voir que nous nous ressemblions presque tous; que nous avions tous à peu près le même volume de méchanceté, de faiblesse et de ridicule; qu'à la vérité nous n'étions pas tous, aussi fréquemment les uns que les autres, faibles, ridicules et méchants; mais qu'il y avait pour chacun de nous des positions où nous serions tout ce que je dis là, si nous ne nous empêchions pas de l'être ^

Et après avoir, avant J.-J. Rousseau, établi sur la conscience la distinction du bien et du mal ', il tire de l'infirmité humaine les conséquences suivantes :

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